Etat de' la France.
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rivent qu’avec une extrême difficulté ; ce Canal y suppléerait entierement Sc servirait encore tres-
utilement à faire tourner des moulins dans les fossés de Rochefort proche le Magazin général.--—,
Ea Oeneralité renferme un Pays assez inégal, les bords de la mer sont plats & coupez d’uneinfinité de canaux, soit pour desseicher les marais doux, soit pour fournir l’eau de la mer auxmarais lalansj le Haut Pays est coupé de ruisseaux 8c de rivières qui forment des plaines, desprairies, des collines, 6c font un aspect: varié 8c fort agréable ; mais 1 utilité n’en est pas moin-dre que la beauté, puis qu’elle rapporte abondamment des bleds, des vins, des fruits, des lé-gumes, du bois, des foins & qu’ií donne d’excellénte pâture pour les bestiaux. L’air y estsain presque par tout Lc le Climat fort temperé, la situation de la Capitale est a 46 degrez,'^ sttua-10 minutes de latitude, 6c 17*: de longitude. II n’y a ni Mines ni salpêtre dans toute ion tlon 'étendue j on trouve dans la Charente vers le Bourg St. Savinien, de grosses moules qui don-nent des perles qui ne sont ni moins belles, ni moins pretieusès que celles du Levant ; l’Au- p tries.teur avoue qu" elles sont rares, 6c cependant le profit d’une feule payeroit amplement le travailde plusieurs mois, il s’étonne que depuis 1 y ou 20 ans cette pefche soit tout à fait abandon-née, on trouve aussi en différens endroits des Istes de Ré 6c d’Oleron 6c à la Coste de Royan, diamant.des pierres un peu plus dures 6c plus brillantes que celles d’Alençon. La pefche des Colles Pefche ded’Aunís 6c de Xaintonge est très-abondante, le poisson y est d’excellente qualité, 8c comme'®' 1 ’'l'on y en prend beaucoup, le débit s’en fait non seulement dans la Généralité, mais en Angou-mois, Limousin 8c Perigord 8c même en Guienne 6c en Poictou, dans les mois de Juin 8c deJuillet. On fait à la Coste de Royan une pefche de sardines, qui est ordinairement la grande6c principale récolté des Habitans de ce Pays-là ; les huîtres vertes de l’embouchure de laCharente sont les meilleures qu’il y ait au monde, mais la pefche des Rivières 6c des Etangs Rí "n’est ni moins utile, ni moins abondante que celle de la Mer, elle donne des carpes, desbrochets, des perches Sc surtout des traites d’une grosseur & d’un goût surprenant.' D’ail-Ieurs, il n’y a presque point de Pays qui produise tant. Sc de meilleur gibier que celui-là > cn cibler.
Eté les marais sont remplis d’unc si prodigieuse quantité de -cailles qu’on ne peut les épuiser,on trouve par tout des Faisans, des Perdrix, des Tourterelles, des Ortolans, des Lievres, desLapins ; les différentes faisons sourdissent des Bécasses, Bécassines, Grives 8c autres oyfeaux depassage ; mais en hy ver il y a dans les maraisunemultitudefurprenanted’oyfeaux de riviere, que lesHabitans prennent en quantité avec des filets qtfils employeur d’une façon particulière. Leschevaux d’Aunis Lc de Xaintonge sont excellons 6c les Habitans en retirent un grand profit • Chevaux.on peut compter tous les ans fur 2000 poulains au moins. Les inclinations du Peuple sont inclmatì.différentes selon les lieux qu’il habite, celui de la Rochelle 8c de Xaintes est assez poli 8cmême dans les environs de ces deux Villes, on s’apperçoit aisément que le Commerce adou-cit les esprits, mais fur la coste de la Mer au bord des Rivières 8c dans les Istes, ce sont presque tousgens de marine qui n’ont de société qu’entr’eux, 8c qui retiennent leur grossièreté naturelle} lespaysans de la Haute Xaintonge ne font pas si laborieux que les autres & les terres de ce Can-ton sont mal cultivées-, toutefois on peut asseurer qu’il n’y en a aucunes d’inutiles, fi ce nefont celles qui de tout temps servent de pacages pour les bestiaux : les syndics des Paroissessont éxacts à ensemencer pour leur compte les terres qui peuvent passer pour abandonnéesquand les Propriétaires les négligent. Outre la fertilité naturelle de cette Province, elle aencore une ressource particulière dans le sel qui s’y fabrique, qui est fans contredit le meil- fabriqueleur de l’Univers pour conserver la viande ou le poisson: toute 1 a Bassé Xaintonge, les Isles dede Ré 8c d’Oleron 8c même les environs de la Rochelle étoient pleins de marais íalans qui a-voientei-devantun débit extraordinaire ; mais depuis qu’on aprisl’uiage d’en faire cn Bretagne,ou l e sel se debite beaucoup mieux, quoy qu’il ne soit pas si bon, on a abandonné plus dutiers des marais, qui ne servent à présent qu’au pâturage, c’est ce que l’on nomme des maraisgâts, qu’il seroit presque impossible de rétablit j L cause de cette différence de débit est lamodicité des droits que l'on paye en Bretagne, qui n’ont. aucune proportion avec ceux quisont établis for cette Coste 8c cela pour le seul avantage des Fermiers qui trouvent, mieux leurcompte au débit des sels de petite qualité. Ici l’Auteur a voulu signaler son exactitude en Etat desfournissant un état de tous les marais de la Généralité, tant par rapport à la mesure des" terres f*™" de
T O M. II. Gg * qu à lui.