ît8 Etat de la France.
L i m o- portion de la Généralité, dont les bornes font au Nord la Baise Marche & le Poictou, auges. Midy le Quercy, au Levant l’Auvergne Lc au Couchant le Perigord 8c l’Angoumois; son é-^ ^tendue est d’environ zy bonnes lieues d’une heure de chemin du Nord au Sud 6c un peu moinsSes Ri- du Levant au Couchant. Les Rivières qui l’arrosent sont la Vienne Sc la Vezere; la pre-La vienne, miere prend sa source aux Confins du Bas Limosin, au Village de Millemanches, Election deLaVezere.'j'uïï eS} passe à St. Léonard, Limoges Lc St. Junien, traversant la Province du Levant auCouchant ; son lit est tellement embarassé de pierres & de rochers dans tout cet eípace, qu’ellene peut être jamais rendue navigable, ni même porter des radeaux, il en est de même de laVezere, qui passe à Trignac & à Uzerches dans le Bas-Limosin, qu’elle traverse de l’OricntLa Cor- au Midy. La Correze, qui passe à Tulles St à Brives Lc se joint ensuite à la Vezere, n’estT La Dor t 3 u ’ un ruisseau, Lc enfin la Dordogne ne peut être comptée de cette Province, dont elle faitdogne. la separation d’avec le Quercy. L’on divise communément le Limosin en Haut Lc Bas, lemosin^ P rera ^ er â rnontueux Lc froid, couvert de bois chataigners, dont le fruit est la principaleBas Limo- nourriture du Peuple ; le second est plus temperé, ou plus chaud Lc même plus découvert,/'*• sourtout dans le Vallon où la Ville de Brives est située, les terres de l’un Lc de l’autre sontpeu propres au froment, mais on y receuille de bon seigle, Lc surtout quantité de bled-noir a-ìtourriturevec des raves de la grosse efpece : ces deux derniers avec les châtaignes font la nourriture ordi-du Peuple. na j re às Païsens Lc quelque bonne que soit dailleurs la récolte, ils pâtissent toûjours beaucoupquand l’une de ces trois efpeces vient à manquer ; il ne faut pourtant pas croire qu’ils fassentdu pain de châtaignes, comme on le dit à Paris, ce fruit n’étant propre ni à être moulu, nià être pétri, mais ils le font bouillir, le dépouillent par ce moyen de ses deux écorces Lc lémangent eníùite avec delice, l’Auteur remarque que cette nourriture rend les hommes dursau travail Lc robustes, mais qu’elle ne leur donne aucune vivacité ; au reste on conserve leschâtaignes d’une année à l’autre en les faisant secher à l’ombre. Le Limosin n’a aucune Fo-Boìs. rest Royale, mais seulement quelques bois épars qui se consomment sur les lieux, le transporten étant impossible -, il y eut sous le Régné d’Henry IV. quelques Entrepreneurs, qui ayantacheté les Forêts de Massere, se ruinèrent, perdirent leur bois Lc leur argent, en prétendantfaire flotter for la Vezere le merain Lc les bois de charpente qu’ils avoient fait travailler.Fruits. D’ailleurs le Pays scroit assez propre aux fruits, si les Habitans avoient soin d’y planter de bonsarbres, mais ils les négligent tout à fut. Les vins du Haut Limosin ne font guerres propresvins. que pour le Peuple, ceux qui sont plus délicats les tirent de Dombes près Sarlat, ou del’Angoumois, & quelquefois du Blanc en Berrys le Bas Limosin en produit d’assez bons dansMines. les Coteaux de Brives & le Territoire d’Allassat. On a découvert depuis quelques années desmines de plomb dans la Paroisse de Vicq, Election de Limoges Lc dans l’Election de Tulleselles font assez riches, c’est a dire, qu’elles rendent beaucoup de métail, mais on ne les trou*voit pas assez abondantes, ce qui a obligé durant quelque temps d’abandonner le travail qu’ony faisoit : toutefois d’autres Entrepreneurs l’ont repris avec une dépense considérable, ayantmême attiré des Ouvriers d’Angleterre, ils ont creusé la mine beaucoup plus profondémentavec eíperance d’un succès favorable, qui ne fçauroit manquer d’être avantageux à la Francequi a besoin de cette efpece de métal. II y a aussi dans l’Election de Limoges quantité deforges, où il sc fait d’excellent fer, elles sont toutefois moins abondantes que celles d’Angou-'Bejiiaux. mois. Mais le principal produit de la Province consiste dans les bestiaux, particulièrementBoeufs, les boeufs que l’on y engraisse Lc que l’on conduit enfoite à Paris; les Entrepreneurs des vivresd’Italie Lc de Catalogne y ont fait aussi des emplettes fort considérables, qui ont porté de l’ar-gent dans ce Pays Lc sens lesquelles la Province n’auroit peu porter les impositions dont la né-Uoutons. cessité de la guerre l’a fait charger. Cependant les moutons ne réussissent gueres au LimosinLc il ne s’y fait aucun commerce de laine que celuy qui est indispensable pour la consommationchevaux, des Habitans. Celuy des chevaux est fort important à la Province Lc a tout le Royaume ; àla premiere, par ce qu’il y apporte beaucoup d’argent, au second par ce qu’aucun des Paysqu’il renferme n’en produit de meilleurs que le Limosin, il faut les attendre avec patiencejuíqu’à 7 à 8 an s, mais après cela ils font éxcellens; ce commerce avoit fort diminué par lafaute qu’on avoit faite de remplir la Province d’Etalons qui n’y étoient pas propres, il n’y a2> que