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Tome second.
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Les f o;rt s prin-cipales.

Etat de la France. 1z 9

que les barbes & les chevaux * d’Espagne, ou des chevaux fort déchargez qui puissent y réussir L i m o-& depuis que Pexperience l’á fait sentir aux Directeurs ils se sont efforcez d’y remédier; d" GES 'forte qu’on peut à l’avenir esperer que ce commerce se rétablira comme par le passé. Lfoires principales où sc sait le débit des chevaux font celles de Chalus, à la St. George & à laSt. Michel, Sc celles de Limoges trois fois l’an, il s’y vend grand nombre de chevaux Sc par-ticulièrement des poulains qui font conduits dans le Perigord Sc l’Angoumois, où des Gentils-hommes entendus dans ce negoce les nourrissent Sc les vendent ensuite très-cherement. LeNaturel des hommes eff assez différent dans le Haut Sc Bas Limosin-, les premiers font gros-fiers Sc pesons, mais laborieux, entendus à leurs affaires, vigilans, oeconomes jusqu’à Pava - Dlírice, jaloux, défians, craignans le mépris, durs fur le recouvrement des deniers du Roy, au-quel ils font néanmoins fort attachez, ayant donné diverses preuves de leur fidélité dont l’Hi-íloire fait une mention honorable ; toutefois on peut dire que quand ils se soumettent aux im-pôts, c’est plutôt par crainte que par bonne volonté, car leur passion dominante est de possé-der fans inquiétude Sc fuis partage le fruit de leur travaux. Les Habitans du Bas Limousinfont deliez, insinuans, dissimulez, cachant artificieufement leur fentimens secrets, qui sontdu moins aussi intéressez que ceux des précedens, mais encore plus portez à la vangeance, ilsont tellement Part de former des brigues Sc des cabales que la querelle ou l’affiúre d’un parti-culier devient celle de tout un Party & se trouve ordinairement combattue par un autre Par-ty opposé, qui n’est pas moins soutenu que le premier : ces divisions les engagent souvent avioler les droits les plus sacrez Sc le moindre désordre qui en arrive est l’employ des faux té-moins, qui font en ce Pays là plus communs qu’ailleurs j les Habitans de Brives sont les plusdoux, mais aussi les moins ingénieux. Tous les Limoíins du Plat Pays ont généralement lacoutume de sortir de la Province tous les ans & ils n’y reviennent qu’en hyver, y rapportant Son t r a-pargent qu’ils ont gagné, íoit à servir les massons, soit à scier les bleds, ou à toute autre oc- va ^'cupation. L’Auteur ne croit pas que l’on puisse faire une juste estimation ni de la quantitéd’Ouvriers qui sortent tous les ans, ni de Pargent qu’ils rapportent, mais il croit que l’on peutasseurer que Pargent que le Roy tire de U taille vient entierement de cette source. Les Li-mosins font tous Catholiques Sc a la révocation de l’Edit de Nantes, il ne sc trouva d’Hugue- er He-nots que dans le Territoire de Treignac, en bas Limosin, lesquels ont ab juré comme les au -s erm ‘ emtres du Royaume, avec des fentimens peu sincères, mais ils font en si petit nombre, que l’Au-teur ne juge pas que l’on y doive faire aucune attention ; à regard de la Catholicité des autresil la dépeint avec des couleurs qui conviennent mieux à une superstition grossière qu’à la Re-ligion, puis qu’elle ne consiste qu’en des pratiques exterieures de processions Sc de pèlerinage,defquels ils passent immediatement au cabaret ou lieux de débauché Sc que la vénération qu’ilsont pour les Saints de leur Pays, St. Martial Sc St. Léonard, est éxclusive de tous les autres& va même à rabaissement du Culte de Dieu.

L Auteur passant en fuite au détail de l’Etat de l’Eglife en cette Province, dit qu’elle r en- Etat deferme deux Evechez, Limoges Sc Tulles, dont il donne la description en la maniéré suivante.

Le Diocèse de Limoges étoit autrefois d’une fi grande étendue que les Evêques avoient peine Evêché deà le gouverner. Ebles l’un des anciens Prélats fit ordonner dans un Concile qu’il pourroit L,mo & s *choisir un Suffragant pour partager ses travaux, Sc fur le même fondement, le Pape JeanXXII. en démembra une portion pour composer le Diocèse de Tulles, qu’il érigea en Evêché,mais malgré cette réduction il n’eít encore que trop grand, comprenant le Haut Limosin enentier, une partie du Bas, fçavoir le Territoire de Brives, toute la Marche Haute Sc Basse Sc«ne portion de PAngoumois ; cette étendue a donné lieu à P établissement de plusieurs Of-ficialitez à Limoges Sc à Brives pour le ressort du Parlement de Bordeaux, à Gueret, Sc àChenailles pour le ressort du Parlement de Paris. D’ailleurs le Siège de Limoges est illustretant à cause de son Fondateur St. Martial, qui est honoré, non seulement comme l’Apôtre duCanton, mais comme 1 un des douze premiers ; que par íês Succeíleurs qui ont été, ou desSaints tels que Ferreol, Loup, Cessator, Scc. ou des Grands Seigneurs, freres ou prochesTom.II. L i r parens -

* Ai. Le Maréchal de ’Eerwyk, âpres la bataille d'Âlmansa, acheta beaucoup â'Eialons, qu’il fit passer dans IgLimousin, en 1707* x 4 r Ji ■