Band 
Tome second.
Seite
153
JPEG-Download
 

Etat de la France. i si

Traites la fait tous les jours abandonner 8c réduit les Marchands à employer par préférence les T o u-voitures de terre, toutes difficiles qu’elles font & ainsi à fe priver du Commerce du Midy & i RAI J sTE ',de Paris pour tirer leur marchandises de Nantes & de la Rochelle.

L’Auteur traite fort íûccintement l’Histoire génerale de cette Province; il prétend tou-tefois qu’elle ne fut soumise aux Romains qu’en l’an du salut 12.2.; que les Visigots s’en em-parèrent en 480, & les François en yop; que les premiers Comtes de 1 ouraine étoient amo-vibles de la volonté des Rois ; qu'ils devinrent héréditaires fous Capet, mais qu’ils furent dépos-sédez en 1044, parles Comtes d’Anjou, qui s’en emparèrent par la force des armes ; queceux-ci étant parvenus au Royaume d’Angleterre en la personne d’Henry II, ses successeursen ont joui jufqu’à la confiscation qu’en fit le Roy à Philippe Auguste sur le Roy Jean l’an1204 j depuis ce temps-là elle a été différentes fois donnée en appanage à des Fils de France ;elle fut érigée en Pairie en 13 y6 en faveur de Philippe IV. fils du Roy Jean, depuis Duc deBourgogne ; trois Reines de France en ont joui à droit de Douaire ; neuf fils de nos Rois ouPrinces du Sang l’ont possédée en appanage, à quoi l’on peut joindre cinq Seigneurs étrangersseíquels n’en ont eu proprement que le Titre.

Son Climat est par tout fort tempéré, ce qui est la cause génerale de fa fertilité, mais le S ^ c j^ nat -Terroir en est inégal, tant par fa disposition que par ses qualitez différentes. Les Varennes, Terrain,qui contiennent iy à 16 Paroisses font situées dans un terrain bas & sablonneux, facile à cul-tiver, qui rapporte tous les ans du seigle, de l’orge 8c du mill, des légumes, de la gaude pourles Teinturiers, 8c des calebasses, qui se debitent hors du Pays. Le Verrou qui contient 8Paroisses auprès de Chinon, est un terroir plus gras que les Varennes, qui rapporte des bleds,des vins, 6c d’excellens fruits ; la Champagne renferme 1 y ou 16 Paroisses entre le Cher 8cl’Indre, qui produisent des bleds pour la nourriture du Pays. La Brenne est plus marécageuseSc pleine d’étangs, mais son étendue fe borne à y ou 6 Paroisses. Les coteaux de la Rivièrede Loire font chargez de vignoble de grand rapport 5 ceux de Rouvray sont les plus en répu-tation, & on fait passer fous ce nom à Paris presque tous les vins que l’on recueuille depuis Or-léans jufqu’à Nantes; le débit en étoit autrefois fort grand en Hollande, mais les obstaclesqui font venus à ce Commerce, ont fait tellement cesser l’ancien débit des vins, que les fondsde Vignes font réduits à la moitié de leur ancienne valeur, & les propriétaires obligez à en a-bandonner la culture; ce qui les ruine entièrement.

Les Forêts de cette Province étoient autrefois en plus grand nombre, 6c plus remplies debois qu’elles ne font aujourd’hui; elles se détruisent & diminuent tousses jours; il y en a troisdu Domaine du Roi, Amboise’de 16002 Arpens dont il y en a 1 zoo de haute de futaye & lereste en taillis; Loches de yooo, tous en bois de futaye; Sc Chinon de 7000 arp. aussi demême. La Forêt de Larié, dépendante de l’Archevêché est de 900 arpens, mais touteruinée, celle de Châteaurenaud est de 3 000, fans distinction de taillis & futaye, celle de Pre-villy de 4000. Les autres comme Montbazon, Crisse, Bois-Errard 6c Villandry sont de pe-tite étendue. II y a parmi ces Forêts de grands espaces de bruyères, & même il y a un quar-tier particulier qui a pris le nom de Landes, de la quantité de terres incultes remplies de joncsSc de bruyères qu’il contient. Les Paroisses de Serrain, Perfenay, Ambillon, Bevé, St. E-tienne de Chigné, Balau, St. Pater, Sublaines 8c beaucoup d’autres ont grand nombre de cessortes de terres, dont ses unes fervent au pâturage des bestiaux, ses autres font en friche, fauted’hommes qui puissent les labourer. II y en a 3000 arpens d’abandonnées par 1e manque deshommes dans les Paroisses de Serigny &C St. Branché, appartenantes au Chapitre deTours.

La Gastine est un Pays sec 8c de très-difficise culture, la Paroisse de l’Abbaye de St. Lau-rens y est située. L’Auteur remarque que toutes ses Terres de la Province, partagées ainsiqu’il vient d’être dit, tiennent plus ou moins du caractère de chacun de ces Cantons, à mesurequ’elles s’en approchent ou s’en éloignent ; il dit encore qu’en général elles font toutes d’uatiers moins cultivées qu’autrefois, parcequ’il est péri un tiers des Laboureurs par la guerre Scles mortalitez. Comme ce Pays est fort coupé de Rivières, il y a aussi beaucoup de prez Scde pâturages pour la nourriture des bestiaux, dont le profit se consomme sur les lieux; mais Pâturages,Tom. II. R r la