Etat dë la France. ziz
A l’égard du Domaine du Roi, l’Auteur n’en fait aucun détail parcequ’il sait partie de la Rons-Ferme generale du Domaine du Languedoc & que les comptes s’en rendent en entier à la sillon.Chambre des Comptes de Montpellier fans que l’Intendant particulier du Rouffillon s’en mêle ^en aucune maniéré. II en est de même de la Gabelle qui a été introduite dans le Pais fous lepretexte d’avoir un fonds pour payer les gages du Conseil supérieur, surquoi il faut entendrela petite Gabelle & non celle qui est en usage dans les Provinces du Nord de la France. Al’égard des Traites Foraines, droits d’entrée & de sortie qui se levent fur toutes les marchan-dises qui passent du Languedoc en Rouffillon ou réciproquement, le produit en est très-coníì-derable selon l’Auteur, mais comme les comptes s’en rendent pareillement à Montpellier & quel’Intendant particulier n’en prend aucune connoissance il est hors d’état d’en donner aucun dé-tail. Ily a enfin un autre droit, dit leReale de Vil lesranche, appartenant au Roi Sc lequel néan-moins l’Auteur croit n’être jamais venu à sa connoiíîànce qui se leve dans le Pais même furcertaines éfpeces de marchandises transportées de lieux en autres & paroit établi premierementpour le paiement des gages du Viguier du Conflans 6c secondement pour les gages des Pro-fesseurs du droit François établis à Perpignan, le surplus de cette imposition est distribuée se-lon les besoins & les ordres particuliers de l’Intendant fans que le compte s’en épure en aucuneJurisdiétion, raison sur laquelle l’Auteur se fonde pour juger qu’il a été jufqu’à présent ignoré& du Roi & de ses Ministres: la ferme du droit de Reale de Villefranche pour Tannée 1710a été portée à.Le Consulat de mer de la Ville de Perpignan, ce qui n’est au-
tre chose que la Jurisdiétion Consulaire des Villes du Royaume, jouit encore d’un droit qui estnomme TImperiage, lequel se leve fur tous les fers qui se fabriquent dans les forges de la Pro-vince & fur certaines autres marchandises transportées de lieux en lieux ou sortantes du Rous-sillon & est à présent affermé 100001. Ce produit est destiné premièrement au payement desgages Lc dettes du Consulat de Mer, secondement à quelques aumônes d’un usage constant,troisièmement aux fraix extraordinaires des cérémonies publiques, Te Deum, feux d’artisice,
&c. le surplus est emploié par les ordres de l’Intendant aux depenses qu’il juge les plus utilesau Service du Roi ou à Tinterêt de la Province, ainsi le compte de TImperiage sc rend Lcs’épure par devant lui ainsi que celui du Reale de Villefranche fans la participation d’aucunautre Tribunal. C’est à cela que se terminent toutes les observations que T Auteur a pû fairefur le Gouvernement Ecclésiastique, Militaire 6c Civil de la petite Province de Rouffillon, àquoi il est en effet difficile de rien ajouter fi on ne la considéré ou par rapport à la. nature deson terrain 8c au caraétere de ses Habitans, ou par rapport à l’Histoirc & aux anciens monu-mens qui se découvrent de temps en temps dans le Pais.
A l’égard du terroir il le devise en plaines Lc montagnes Lc il dit que généralement parlantcelles-ci font assez fertiles, surtout dans le Conflans où Ton est étonné de les voir cultivéesjusques à un pouce de terre dans tous les endroits susceptibles de culture, mais que malgré toutle travail des Habitans Lc leur application la Plaine l’emporte infiniment au dessus des mon-tagnes par la graisse naturelle & la qualité de son terroir j il dit qu’elle est couverte d’olivicrsLc qu’elle rapporte par tout des bleds en abondance, cependant il y distingue particulièrementun Canton nommé la Salangue, lequel il dit l’un des plus fertiles qui se puisse trouver dansl’Univers, cependant cette heureuse Plaine ne laisse pas d’avoir ses mauvais endroits, tels sentieCanton nommé les Apres, qui signifie proprement ce que Ton ne peut arroser Lc les Garriguesde Salces où Ton ne receuille rien : au dessous de la même Ville de Salces en tirant vers la meril y a des marais assez considérables qu’il ne scroit pas difficile de dessécher Lc dont l’utilité se-roit d’autant plus grande que le deffaut des foins Lc des fourages est le véritable inconvénientde la Province en général. On nomme Riverai tous les bords de la Riviere de la Têt en re-montant vers i e Conflans, Lc ce Canton doit encore être compté au nombre des meilleurs dela Province aussi bien que tout ce qui se trouve du côte d’Elne Lc d’Argelais entre PerpignanLc les montagnes du Midy : Au reste en général les pâturages ne sont ni bons ni abondans si cen’est dans les montagnes où il s’en rencontre quelques-uns de propres à la nourriture des che-vaux ou plutôt des poulains. Les vins de la Province sont généralement parlant de bonnequalité, il s’en trouve même d e délicats, quand ils ont été faits à la maniéré de France, l’onTom. II. L111 eti