Band 
Tome second.
Seite
388
JPEG-Download
 

z88 Etat de la Fràìîce.

Lyon. chez soi pour y travailler 6c il se trouva enCore à la bourse de charité 280 1 . de reste. Cettev v ~'“' somme étoit alors si considérable qu’elle fut jugée suffisante pour continuer la charité auxpauvres de la Ville 8c depuis elle a tellement augmenté que l’Hopital de la Charité depenseannuellement 180000 1 . 8c l’Hopital général 210000 1 . il s’en faut bien néanmoins qu’ils ayentdes revenus suffisans, mais les Recteurs de toutes les deux font obligez de faire les avances né-cessaires, c’est pour cela qu’en entrant au Rectorat il est d’ufage d’abord de payer 4000 1 . pourles pauvres 5 chaque Recteur a son Emploi particulier dont il fait les avances ; mais celui duTrésorier est le plus onéreux, parceque les siennes vont ordinairement à 100 ou 1200001. ce-lui qui est chargé des enfans trouvez en fait aussi jusques à so ou 600001. & ils sont les uns &les autres remboursez à mesure que les charitez des Fidelles 8c les legs pieux viennent augmen-ter les fonds de ces maisons. Chaque maison a ses Recteurs pris dans la plus riche bourgeoisie,sçavoir, la Charité seize, y compris un Comte de Lion 8c un Trésorier de France; 8c l’Ho-pital général quatorze sous ^'autorité du Consulat. Les Recteurs ayant servi deux ans à laCharité passent deux autres années à l’Hopital 8c de là ils parviennent à la Chambre de laconservation,qui leur donne entrée à l’Echevinat,mais ce n’estque parccsdisserens degrés qu’ilsy peuvent venir; de l’Echevinat ils retournent à la conservation pendant quelques années. C’estainsi qu’ils peuvent acquérir en ces disserens Emplois une capacité suffisante pour être vérita-blement utiles à leur Patrie, pourvu d’ailleurs qu’ils aient un fond d’intégrité qui les rende ef-fectivement dignes de ces fonctions. Mais c’est ce qui paroit rare dans cette Ville, où tousceux qui ont manié les deniers publics ont mérité d’être taxez perfonellement pour être dé-chargez de rendre leurs comptes, furquoi l’on peut dire que c’est une tache infamante, qujn’auroit jamais du être soufferte 8c que le Corps de Ville devoit racheter plutôt de la moitiédu bien des particuliers qui le composoient. L’Auteur ajoute que quelques esprits ambitieux8c intéressez s’efforcent souvent d’interrompre l’usage de mériter l’Echevinat par les Emploisdes Rectorats, mais qu’il est nécessaire de s’opposcr à cette innovation, qui ruineroit les Hô-pitaux. II termine cette matière par l’usage des adoptions qui font pratiquées dans les deuxHôpitaux, en faveur de quelquesuns des enfans qui y font nourris fur lesquels les Recteurs ex-ercent toute l’autorité paternelle, tant au fait de leur éducation que du mariage, des testa-mens, donations ou successions conformément aux Lettres Royaux de 1773. Au reste ladepeníè de ces maisons a augmenté avec la miscre publique. En 1638, l’Hopital généraln’employoit que 440001. en 1661 il étoit chargé de 4fo personnes 8c il l’est à présent déplusde 700.

chambre L’Auteur ayant parlé ci-devant de la Chambre de l’Abondance explique ensuite son insti-th /’n 4 <?«-« tu tion gc fon Gouvernement : elle est composée d’un Echevin en charge qui préside ; d’un ouplusieurs Ex-consuls 8c de huit ou dix Bourgeois, leur fonction est d’entretenir une provisionde bled suffisante pour prévenir les malheurs d’une disette; à cet effet chacun de ceux qui yentrent sont obligez de faire fond de iooool. dont l’interêt 8c le principal sont acquitez furla revente des bleds achetez 8c la Ville répond du fond. Le Consulat est de plus obligé delui remettre un fond pour faire les achats nécessaires. Mais dans l’état présent cette Chambreest toujours prise au dépourvu 8c n’agit que quand le mal est arrivé, heureusement la Ville estsituée de sorte qu’il est malaisé qu’elle soit jamais affamée à moins d’une longue 8c terrible fà-mine, dont il y a peu d’exemples en France: l’inaction de cette Chambre a toujours un autreprincipe que le défaut de Gouvernement qui est si souvent reproché aux Magistrats de Lion;Corps de c’est ce que l’on peut découvrir par l’état des revenus 8c des charges de la Ville. Le Corpsvdle - de Ville, outre le Prévost des Marchands 8c les Echevins est composé d’un Procureur général,d’un Secretaire 8c d’un Receveur qui par leur institution dévoient être électifs, mais qui sontdevenus perpétuels en conséquence de la finance qu’ils ont payée conformément aux EditsSes revenus derniers. Les revenus de la Ville consistent en biens patrimoniaux anciens 8c nouveaux, enoctrois 8c en fermes qu’elle tient du Roi. Les biens patrimoniaux sont les boucheries, quel-ques maisons, rentes 8c services, le Greffe de la conservation, le droit des petits sceaux, lemesurage des grains 8c Pattache des bateaux, avec le droit de relue à Lion 8c Sainte Colombequi rapporte environ 12000I. Le plus ancien octroy de la ville est le barrage du Pont du

Rhône