Etat de la France. 3^
de part aux privilèges accordez aux Suisses & Allemands, ils se sont retirez, laissans tout le L y o n.negoce entre les mains des François 8c des Suisses. II est peu nécessaire d’ajouter que les cor- '——redondances de la Ville de Lyon s’étendent par tout le monde habitable, mais PAutcur ex-amine en détail les principaux Pais où elles Rappliquent 8c le negoce que l’on y àit.
A P égard de l’Espagne il y a peu de Marchands qui y trafiquent directement, les François Commentse servent plus volontiers de Pentremise des Génois 8c ce Commerce s’étend jusques aux grandesIndes, la dorure, les draps legers, les toiles, les futaines, le sassran Sc le papier sont les mar-chandises qui passent de Lyon en Espagne; celles qni en viennent sont les laines, des soyes,des drogues pour la teinture & des especes d’or & d’argent. Ce commerce a cette singula-rité qu il roule entierement íùr la bonne foi des Espagnols, qui prêtent leur nom pour le faire,vû qu’il est deffendu à toute autre Nation, cependant les Anglois & les Hollandois y ontbeaucoup plus d’avantge que les François. i°- A cause de ]'antipathie des deux Nations.
2,°- par la quantité des vaisseaux Anglois & Hollandois qui sc trouvent à Cadix au débarque-ment des gallions. z°- les Isles de Curaçao & de la Jamaïque leur donnent moyen de debiterdans les Indes les marchandises d’Europe, même celles de France à meilleur marché que lesFrançois ne scauroient faire, eux qui n’ont que la voye des gallions. D’ailleurs le commercedes étoffes d’or 8c d’argent, qui regarde particulièrement la Ville de Lyon, a souffert un granddechet depuis que les Espagnols des Philippines ont trouvé le moyen de transporter directe-ment les étoffes de la Chine, au travers de la mer du Sud, à Acalpulio, port du Roy-aume de Mexique d’où elles viennent en Espagne. A u fond il n’y a aucun commerce plus a-vantageux que celui d’Espagne, parceque c’est le seul qui apporte des espèces dans le Rov"aume, mais il faudroit pour y bien réussir ne pas tenir la porte fermée comme elle est EnAngleterre, en Hollande 8c à Genes, l’or 8c l’argent sont marchandises, elles y reçoivent unprix de convention entre la vendeur 8c l’acheteur, on est sûr d’en retirer quand on voudra àpareil prix autant ou plus qu’on n’y en a porté; en France, au contraire, les especes font oné-reuses, il faut les porter à la monnoye, y recevoir un prix de fixation qui fait perte au mar-chand, essuier d’ailleurs toute la dureté des Loix 8c la mauvaise humeur des Commis. Cesdifficultez n’empêchent pas qu’il n’entre à Lyon pour environ cinq millions d’eípeces tous lesans, dont 1a moitié se peut compter pour retour de marchandises, l’autre moitié y vient poul-ie débit qu’on y trouve à la faveur de l’affinage. Enfin l’Auteur prétend que la guerre quiest si nuisible par elle même au Commerce, lui feroit plus avantageuse s’il étoit possible deconserver la paix avec l’Espagne, par la raison qu’en troublant le commerce des Anglois 8cHollandois par les prises que l’on fait fur eux pendant la guerre, on les rebute de trafiquer enEspagne, 8c ce Royaume pourroit tirer de la France seule tout ce qui lui est nécessaire poul-ies envois dans les grandes Indes : au contraire durant la paix ces mêmes Nations faisant untrafic paisible, prévalent certainement aux François. 11 finit par un avis fur les Induites quele Roi d’Espagne prend sur les flottes des Indes, qui a toujours été reparti au marc la livrefur les marchandises dont elles sont chargees. On ne fait jamais de changemens à cette régléqu’au préjudice particulier des François; c’est une vérité très-asseurée.
La Ville de Lyon envoyé tous les ans en Italie pour six à sept millions de marchandises, commère,draps, toiles, étoffes de soye, or 8c argent, dentelles de même, merceries de toutes sortes, ‘Pitafc"surtout des parures 8c des gentillesses de mode; réciproquement l’Italie lui rend pour six mil-lions d’autres marchandises, soyes, velours, damas, brocatelles, satins, tafetas de Piémont &du Milanois. On pourroit douter si ce commerce qui ne semble pas apporter d'espèces estutile à la Ville 8c au Royaume, mais pour cela il fàudroit ignorer que la seule voye de fai repasser des especes d’Espagne à Lyon est celle de Genes, Lc que les soyes d’Italie sont le f ont jde toutes les fabriques de Lyon. Le commerce avec la Suisse sc fait principalement à Zurich& 8t. Gai, Berne, Baíle, Schaffouse 8t aux deux foires de Sursach : Lyon n’y envoyé auplusque pour la valeur d’un million, en draperie, groíserie, chapeaux, sassran, vins, huiles sa-vons 8c mercerie. Les Suisses nous amenent des soyes 8c fleurets fabriquez à Zurich * de.toiles, des fromages 8c des chevaux; les toiles vont seules à iyoooool. les fromages àóoooool. 8c les chevaux à un million: partant elle tire de nous trois fois autant que nous ] u j
4 donnons,