g^o Etat de la France.
Lyon. aussitôt, 8c n’a pu se relever que depuis environ vingt ans, ce qui mérité une grande attention
---—'selon l’Auteur i chaque foire dure quinte jours ouvrables. La premiere commence le lundi
d’aprês les Rois- 1a seconde le lundi d’après k quasimodoj k troisième le 4 Aouít 8c k qua-triéme le ; Novembre. Elles sont suivies chacune d’un terme de payement ; celm des Roisde foire, commence au premier de Mars; celui dc Pâques au premier de Jum 5 celui d’Aoust au pre-mier de Septembre ôc celui de Novembre au premier de Decembre. L’ouverture de chaquepayement se fait en cérémonie par le Prévost des marchands, ou en son absence par un Eche-vin qui sc transporte avec son Greffier dans la loge du Change le premier jour ouvrable de cesmois- il y trouve les syndics des Nations assemblez au nombre de six, il leur fait d abord unpetit discours pour recommander k probité dans le negoce 8c l’obscrvance desiéglemens de kPlace dont on fait lecture : le Greffier dresse son procès verbal, St le lendemain, k mêmeAssemblée sc tenant dans l’Hôtel de Ville, le Président, par l’avis de l’affistance réglé le prixdu change pour tous les endroits où 1a Ville de Lion a ses correspondances; a vrai dire ce rè-glement n’est que de pure cérémonie St ne sert que dans les cas de contestation. A k rigueurtous billets faits à terme de payement de foire seroient exigibles dès le premier jour de chaquemois de payement, mais il est d’usage que pour l’argent comptant ib ne sont exigibles qu’auch**p- troisième jour ferie du mois suivant. Les quinze premiers jours âpres l’ouverture se passent aconcerter entre les créanciers 8t les débiteurs ou directement, ou par l’entremife des courtiers,k maniéré du payement, c’est à dire, si l'on continuera le billet ou si on l’acquitera, soit enargent, soit en écritures par virement de parties, c est a dire, par compensation. A cet effettous les marchands 8c autres portant bilan, se trouvent dans la loge du Change depuis dixheures du matin jusqu’à midy 8c par k confronta tionde leurs bilans, voyant réciproquementleurs débiteurs St leur créanciers, ils ajustent si bien les compensations qui sont à faire entreles uns & les autres, qu’il y a tel payement où il se soude pour vingt millions d’affaires, & oùil ne se débourse pas cent mille écus comptant. L’ufage des viremens de parties a été introde parties, à à Lion par les Florentins fur le modèle des foires de Bolzano en Tirol 8c de Novi dansk République de Gennes : il y a néanmoins cette difference qu’à Lyon & Bolzano, les vire-mens se font par 1a seule confrontation des bilans St les notes que chacun fait fur le sien ; aulieu qu’à Novi ils sc font par le ministère d’un Officier public, qui est le Chancelier de k foire,lequel en tient regitre: cette méthode est la plus scure, parce qu’elle prévient mieux les ban-queroutes mais l’autre est plus favorable aux Marchands St soutient mieux leur crédit Eneffet il va plusieurs exemples à Lyon de gens qui se sont soutenus par le fçavoir faire de 1aPlace qui consiste à avoir beaucoup de dettes actives, qui sont plus estimées fur k place quede l’argent comptant. Tel donc qui n’a que le quart de l’argent nécessaire à payer ses dettes,doit avant le terme de payement en disposer fur la Place, n’étant pas moins for de s’acquítteriusqu’à la concurrence de ce quart, mais il acquiert d’ailleurs une réputation favorable pourses affaires, qui lui donne crédit en k bourse de ceux qui commercent leur argent sor la place,Sc lui donne loisir d’attendre les remises de ses correspondans. II faut avouer aussi que les Florentin squi ont introduit cet usage, ont été les premiers à en abuser; car c’est eux qui ont donné l’éxempledes premières banqueroutes: onsçait qu’il en passa plusieurs Familles à Lyon, lorsque celle deMe-dicis assujettit saPatrie Sc les principales de celles là font celles qui ont été les premieres à y retourneraprès avoir fait cession en France. Malgré cet inconvénient il faut dire que k maniéré dont s’éxercele change à Lyon est excellente, quifqu’il n’ya point de Ville où les Marchands trouvent plus decrédit en effet par le moyen des bilans les créanciers faisant de trois mois en trois mois une espèced’inventairedes effets de leurs débiteurs, on prête d’autant plus volontiers qu’il semble que l’onne perd point son argent de vue. On tombe d’accord que Lyon est redevable de 1a science 8cde la pratique du negoce aux Italiens & particulièrement aux Florentins, mais ils n’ont pasmontré leur art fans profit, car ils y ont soit de très-grandes fortunes & même en très grandnombre, de forte que, comme il arrive dans les établissemens qui réussissent, toute la faveurfut pour eux dans le commencement, on les combla de privilèges, & les Florentins en parti-culier eurent le droit de faire l’ouverture des payemens: dans k fuite les impositions^ íont ve-nues fondre fur les negocians 8c les Italiens, dont l’amitié a été méprisée, n’ayant pu obtenir
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