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Tome second.
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Etat de la France. 393

Celui des soyes qui est le plus étendu par rapport aux fabriques de Lyon, consiste dans Lyon.les années passables à 6000 balles, evaluées chacune à cent soixante livres de poids de marc DíS h es - snet, de ce nombre il y en a environ 1400 balles du Levant, c’est a dire de k Province deGuilan en Perse ; 1600 balles de Sicile ; de l’Italie ifoo balles; de l’Espagne 300 ; Sc1 zoo des Provinces de Languedoc, Dauphine Sc Provence. Les soyes du Levant sont le splus grossières St ne sont ordinairement façonnées que pour la couture Sc pour servir au filéd’or Sc d’argent ; il y en a toutefois quelques unes de fines qui sont propres pour les ouvragesde Tours, où l'on envoye les plus fines de Sicile retenant les autres pareillement pour la cou-ture. Quant aux soyes dTtalie les plus belles Sc les plus parfaites’, elles sont gardéespour les ouvrages de Lyon, on y en employé aussi quelque peu de celle de France ; maispresque tout se prepave à St. Chamont Sc à St. Etienne pour servir aux rubans, paflèmens,tapisseries, broderies, Sec. On estime la consommation de Lyon à 3000 balles, dont les é-toffes en emportent les deux tiers Sc le fil d’or le surplus ; celle de Tours est de iyooballes ; celle de Paris de 700 ; celle de Rouen de zoo ; celle de Picardie aussi de zoo Sc celledu reste du Royaume de yoo, presque toutes en soyes a coudre. Cette estimation est faitefur un pied médiocre Sc non par rapport à l'état présent qui est fort au dessous. Mais tellequ’elle est, elle est bien inférieure à ce que l’on rapporte de l’ancien débit qui se faisoitàLyon,

OU l’on comptoit 18000 métiers travaillans en étoffes de toutes sortes, au lieu qu'il n’y en apas à présent plus de 4000, Sc l’on tient que 6000 métiers consommoient zooo balles desoye. II faut ajouter que toutes les soyes du Levant en viennent graiz.es Sc que des autresPaïs il en vient la moitié graizes Sc la moitié façonnées. Bien qu’il se faste à Lyon de touteforte d’étoffes de soye, il y en a deux néanmoins qui lui font particulières ; les taffetas qu’on ta/appelle d’Angleterre 8c les riches étoffes d’or & d’argent : il se fait des taffetas de toute cou-leur, mais la grande quantité est des noirs fins & lustrez ; à l’égard du noir, qui est le plusbeaudu monde, on prétend que c’est l’effet d’une propriété particulière des eaux de la Saône;mais pour le lustre, c’est une invention moderne qui est duë au mauvais état des affaires d’unfabriquant, qui vivoit il y a 70 ou 60 ans Lc se nommoit Octavio May. Cet homme inquiet inventionLc agité de son désastre, qui étoit prêt d’éclater, se promenoit dans fa chambre à grands pas , dli lu ^ re 'en mâchant entre ses dents quelques brins de soye, il tirait quelquessois cette soye de fa boucheLc l’y remettait fans attention ; mais une fois étant venu à regarder cette soye, il fut frappéde l’éclat qu’elle avoit acquis, cela lui fit faire réflexion à la cause de cette nouveauté qu’iljugea provenir de ce que cette soye avoit été bien foulée, mouillée Lc échauffe. II fit desexpériences Lc réussit à donner le lustre au taffetas, mais au paravant de parvenir à une maniérésure de lustrer il en brûla beaucoup : cette découverte rétablit néanmoins ses affaires Lc si sonsecret avoit été de nature à se pouvoir cacher il y auroit gagné des biens immenses ; depuislui c’est un metier particulier dans Lyon que de lustrer les étoffes. La maniéré est de fouler Maniéré& tordre la soye à force avant de Pemployer, après quoi on étend le taffetas, on le mouille de lu fl rer 'd’une certaine façon ce qui s’appelle bailler l’eau & l’on fait courir aussitôt fur l’étoffe unbrazier qui la seiche dans le moment, le point le plus difficile à attraper a été de donner le feuaprès l’eau pour sccher l’étoffe fans la brûler, c’est aussi ce que l’ufage a réduit en art Lc enmetier, qui établissent une profession séparée. A l’égard des étoffes d’or Lc d’argent, c’est Etoffes d'orle genie des fabriquans François qui en fait l’excellence ; le travail peut être aussi beau & ^ ^' ar -meilleur par tout ailleurs, mais il n’y a qu’en France ou il se yoit tous les jours des desseins ^nouveaux. Les étrangers ne les fçauroient imiter, mais ils lès goûtent Lc s’y connoissent for 1bien. Un bon dessinent est à Lyon une partie essentielle de la Fabrique Lc quand il a du ta-lent, fa seule industrie lui procure une part avantageuse dans la Société : on compte que lafaçon de l’étoffe fait les deux tiers de son prix, il s ’ en vend très peu en détail dans Lyon Lcparce que c est Paris qui règle la mode, ceux de Lyon même qui en veulent a cheter les fontvenir de cette ville. Au surplus il se soit à Lyon des velours, des damas, des satins, moires,serrandines, ras de St. Maur Lc quelques grisettes, le tout en'petite quantité. Le travail des ESo ff es f(t .petites étoffes façonnées est propre à la fabrique de Tours, pareeque les ouvriers y excellentCsl la nuance des couleurs, qui n’est pas si bien entendue à Lyon, comme réciproquement àT o m. II. H h h h h Tours