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Tome second.
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394
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D es fu-taines £ 7 *baùns.

394, Etat de la Franc#.

Lyon. Tours on n’entcnd pas la maniéré des riches étoffes j il y a encore cette remarque à faire futces deux différentes fabriques, qu’à Tours il n’y a aucune régularité fur les largeurs, au lieuDorure, qu’à Lyon on y est d’une éxactitude rigoureuse, il y a deux largeurs pour le taffetas Lc une

feule pour les étoffes. On estime qu’il s’employe tous les ans à Lyon en trait & filé environcent trente mille marcs d’argent 8c mille marcs d’or, ce qui revient à quatre ou cinq millions :façon. on donne d’abord à Pargent trois façons auxquellcs les ouvriers n’ont point de part, c’est un

travail public établi de l’autorite du Roi. i°- L'argent est apporté à raffinage qui se fait à lamonnoye fous l’inspcction des Officiers ; c’étoit autrefois un métier qui depuis i6po est érigéen Charge avec titre de Conseiller du Roi. z°- II y a un bureau où les lingots affinez fontportez pour être forgez 8c marquez. 3°- Ils font tirez à P orque dans ce même bureau. Aprèsces trois façons les tireurs y en donnent quatre autres pour en faire ce qu’on appelle du fuper-• fin, alors ce trait est remis à Pécacheur qui l’aplatit Lc il est ensuite filé fur foye : toutes cesfaçons avec le travail des bateurs d’or occupent au moins 4000 personnes Lc coûtent bienEstimation pooooo 1 . Mais comme après avoir parlé séparément de la fabrique des étoffes Lc de la dorureétoffés. ^ ncceíîâire de les rejoindre, pareeque dans Pufage elles fe confondent le plus souvent,l’idée generale que l’on peut former du total, est qu’il entre dans l’une Lc l’autre environ pouronze millions de matières; que les préparations de ces matières & les façons reviennent à plus detrois millions; que la vente qui s’en fait tant par les marchands de Lyon que les autres du Roy-aume produit encore au delà près de trois millions ; ainíì le total revient à dix-sept millions enmarchandises, dont les étrangers consomment le tiers, dans la supposition que le commerceavec eux soit sur le pied où il étoit avant la guerre. La fabrique des futaines Lc bazins fut é-tablie à Lion vers Pan iy8o, elle étoit originairement dans le Milanois Lc le Piedmont, maiscomme les marchands de Lyon ne l’en tiroient qu’à gros frais dc sortie de ces Pais là,d’entréedans le Royaume Lc de voiture, ils jugèrent qu’il étoit de leur intérêt d’établir la même fabri-que chez eux, ce qui reuslìt Lc l’on a vû à Lyon jufqu’à deux mille maîtres ouvriers, dontle commerce montoit à plus d’un million Lc dont les deux tiers alloient à l’étranger, en E-fpagne Lc Portugal. Deux inconveniens ont ruiné cette fabrique au point qu’elle ne va pas àprésent à iooooo 1. le premier est l’augmentation de zo 1. fur l’entrée du cotton filé - lou-tre est la cherté des denrées dans Lyon, particulièrement du vin : les ouvriers de ces étoffesgagnent si peu qu’ils n’ont pû soutenir les frais de leur nourriture dans la Ville, ils fe fontretirez en partie dans le Forest Lc le Beaujolois, mais parce qu’ils y manquent de bonnes ma-tières, leur travail n’a plus de réputation. Le reste de ces ouvriers languit encore dans LyonLc est à charge au Public. L’Auteur ajoute que l’Etat souffre peu de cette ruine, parce qu’ily a d’autres manufactures pareilles établies à Marseille Lc en Flandres, où elles font plus enétat de subsister, pareeque les droits y font bien moindres Lc d’ailleurs pareeque les futainesqui fe debitoient en Espagne sont remplacées par les petites étoffes du Languedoc qui en tien-nent la place.

De i a Les Marchands drapiers prétendent que leur commerce avant la derniere guerre montoit àdraperie, treize millions, dont les trois quarts alloient à p étranger, fur tout en Savoye, Piedmont, Mi-lan, Rome, Venise Lc autres villes d’Italie, Malthe, Suisse, Alsace, Lorraine Lc qu’à peineen cette quantité il y entroit pour 600000 1. de draps étrangers au nombre de six à sept censpieces à zoo 1. Pune portant l’autre. Ces draps quoi-qu’en si petite quantité leur étoientd’une extrême conséquence par la raison que pour l’affortissement d’un marchand drapier, illui saut trois fortes de drap par rapport à la qualité des fins en petit nombre, des médiocresLc des plus grossiers en égale quantité Lc dix fois autant que des premiers. Or dans l’état pré-sent des choses les Anglois & les Hollandois ont des deux premieres fortes, les François desdeux dernieres Lc encore que celles-ci paraissent de moindre considération, il est certain quesupposant un assortissement entier, le marchand aura l’avantage par rapport au débit sur celui quiaura le plus des premiers. Mais il y en a encore une autre raison, c’est que les draps grossiers font d’untrop grand volume & d’un trop bas prix pour porter aisément lesfraisd’un long transportéele paf.sage en plusieurs mains: le marchand qui les tire directement des lieux’où ils se fabriquent y g a g_nent toujours; i es draps fins, au contraire, peuvent supporter aisément ces mêmes frais par raison

contraire