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Tome second.
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Etat de la France.

Lyon. espèces. Ils ónt le même avantage fur les toiles qu’ils font passer par la Bourgogne où les' v J droits sont infiniment moindres qu’à Lion. A l’égard de la dorure l’avantage des Genevois est qu’ilspeuvent donner le fin à quarante fols par marc, 8c le faux à dix fols qui est le sixième du prix à meil-leur marché que les Lionnois, les caulcs font d’une part les frais de l’affinage depuis la création desCharges en titre d’Office ; 6c de l’autre l’augmentation du droit fur le trait d'Allemagne, quide cinq fols a été porté à treize. La difficulté du commerce pendant la guerre se joignantaux raisons précédentes a tellement favorisé les fabriques de Geneve, qu’elles employent plusde p à óooo ouvriers dans la Ville, & qu’elles font même trevailler dans Lyon. Elles ne s’é-tendent pas néanmoins jusques aux étoffes, mais aussi y a-t-il bien plus à gagner fur le simplefilé, le galon 8c les dentelles, parceque le débit s’en fait dans les Indes Espagnoles où le pro-f, l \trhcom ^ P^ US S ranc ^ fiuand il réussit. Pour bien entendre cela, il faut fçavoir qu’il se tient toustmne de les ans deux grandes foires dans les Indes, Tune à Portobello, 8c l’autre à la Vera-cruxj on yGeneve. porte d'une part toutes les marchandises d'Europe qui s’y peuvent debiter ; 6c de l’autre lesgens duPaïs y apportent leur argent en elpeces, jamais de partnid’autreonner’emporterienqueP échange réciproque, c’est pourquoi, suivant l’abondance de P argent qu’il y a eû à la foire,les flottes viennent chargées 6c les marchands profitent. Le principal débit qui se fâit auxIndes par rapport au filé d’or est celui du faux trait 6c quand on y porte du fin c’est toujours lemoins parfait, parcequ’on n’y regarde pas de si près en ce Pais là j d’ailleurs on s’y soucie peu dutitre : Geneve prend ses avantages à tous ces differens égards 6c par là on peut juger de la grandeperte que Lyon a faite en demeurant privée de ce commerce. L'Auteur fait une réflexion judi-cieuse fur le grand inconvénient qui se rencontre à ruiner une ancienne fabrique pour en établirune nouvelle, comme il estarrivé à P égard dù trait faux que l’on a anéanti pour établir le fin,au lieu qu’il y a plus à gagner fur le premier, 8c le Roi même tiroit 200001. du droit de cinq solsqu’il prenoit dessus, au lieu qu’il n’en a pas à présent iooo 1. quoiqu’augmenté des deux tiers.Manufac - Dans le plat-pàis il y a cinq ou six sortes de professions différentes parmi le païíàn qui luiplat* t*s donnent le moyen de vivre 8c de payer la taille. i°- Le moulinage de la soye à St. Etiennea -pays. ^ chamont, Virieu 6c Neutville. La manufacture des rubans à St. Etienne 8c St. Cha-mont. 30. La quincaillerie à St. Etienne. 4°- Les toiles 8c futaines dans leBeaujolois. y°-Lesvoitures 6c chariages dans les environs de Rouanne 6c St. Etienne, leíquels même portent quel-que préjudice au labourage. 6°- La navigation, mais elle souffre une grande diminution de-puis P établissement des coches d’eau, qui privent les particuliers de la liberté accoutumée.7°- La fabrique des fromages de Roche, dont il fe vend tous les ans pour environ Zf à 30000].8°- Les courses de 7 à 800 cens Païsans du Forest qui passent en Piedmont 6c même dans leMilanois pour y travailler à la grosse besogne 6c rapportent annuellement 20 à 27000 1. dansle Païs. Mais toutes ces Professions diminuent journellement, la fabrique des rubans est en-tièrement tombée avec 1a mode, elle n’est plus d’ufage que pour les femmes 6c les étrangers jle moulinage de la soye ne donne qu’à peine le moyen de vivre à ceux qui le pratiquent, les-quels gagnent au plus trois fols par jour. Les Quincaillers de Forest tirent leur fer de Bour-gogne 6c du Nivernois, il y a parmi eux de très-bons ouvriers, mais parceque le negoce ne vapoint, ils ruinent eux mêmes leur commerce par leurs ouvrages à la legere qui en perd la ré-putation. La manufacture de toile 8c de futaine diminue pareillement, de cinq mille métiersque l’on comptoit dans la Généralité, elle est réduite à deux mille. II y a un CommissaireInspecteur dont k Commission a été étendue à toute la Généralité en 1692, au lieu qu’il étoitauparavant borné auBeaujoloisj k feule Ville de Lyon a obtenu son exemption contre lui.Les Magistrats 6c Marchands de Villefranche ont fait en 1680 des reglemens pour la mêmefabrique, qui ont été confirmez par Arrêt du Conseil, en vertu duquel ils en étendent l’exé-cution à dix lieues au tour de leur Ville j tout cela fe fait à bonne fin 6c toutefois tout seruine, k liberté jointe à une médiocre facilité de débit étant l’ame du Commerce.

Réflexions Je finirai cet Extrait par mes remarques particulières fur les qualitez de ce Mémoire, quefar le Me - l'on peut regarder comme l’un des plus exacts 6c des plus précis qui ayent été faits. Maison y decouvre trop 1a foiblefle que l’Auteur a eue de cacher les désordres publics 6c de n’enpas attribuer k cause à leurs véritables auteurs, les fermiers du Roi, les donneurs de faux a-

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