Etat de la France.
cohtraire 6c parceque la petite quantité qu’il en fàut ne fuit pas une augmentation considérable Lyon.fur la totalité. Lors donc que dans le Commerce, les marchands Italiens ou autres trouvoient '' '
entre les mains des marchands de Lyon des aílortimens complets, ils faifoient peu d'attention à^augmentation du prix des fins qui étoit compensée par la bon marché des autres ; m a j s de-puis qu’on les a obligés à avoir des correspondances séparées en Angleterre 6c Hollande pouren tirer des draps fins qui ne fe trouvent pas en France, comme le travail de ces Païs là estmeilleur que le nôtre, ils y ont pris auflï les médiocres & le commerce de la draperie de Lyonest tombé tout à coup de plus de la moitié, étant réduit à moins de six millions. Après avoir De í0 - l!es .remarqué que le commerce des toiles est celui qui s’étend le plus en Espagne 6c en Italie,l’Auteur ajoute que les Suisses y font un très grand préjudice, depuis qu’ils fe font mis à imi-ter les manufactures de France, l’exemption de droit, dont ils jouissent, les mettant en étatde donner leurs toiles à bien meilleur marche que nous, fait qu’ils ont toujours la préférence.
Mais le plus grand mal est qu’ils debitent des toiles d’Hambourg & de Silesie fur le pied destoiles de leur cru, ce qui est une fraude ôc une contravention aux Traités.
Le commerce de l’épicerie étoit autrefois le plus grand de Lyon 6c le plus asseuré pour Asi-laire fortune, ce n’est plus rien aujourd’hui 6t plusieurs causes ont concouru à le détruire ; \% cme 'premiere est le changement arrivé dans la route que cette marchandise tenoit pour venir enEurope, depuis la découverte du passage autour de l’Afrique ; la seconde les droits excessifsqui font fur l’épicerie, car au lieu que toutes les autres marchandises entrant en France 8c dé-clarées pour Lyon font déchargées des trois quarts des droits par compensation de celui de ladouanne, les épiceries n’ont aucune diminution. D’ailleurs la Ville a ses droits particuliersfur les mêmes espèces de forte que les impôts ordinaires fur l’épicerie font doublés & tripléspar rapport à Lyon ; la troisième est la franchise des bourgeois de Marseille, qui leur donnedroit d’avoir leurs Commissionaires à Lyon - y enfin le transit accordé de Gènes à Marseille.
Le dernier commerce qui entre dans la discussion de l’Auteur, est celui de la Librairie, qui ve lan’est plus rien tant au dedans du Royaume qu’au dehors. II n’y a que deux Libraires qui faf - Llhrair>e 'sent commerce avec l’Etranger, le principal est celui d’Espagne 6c celui des Indes Espagnoles,où l’impression n’est point en usage j tant par la négligence de la Nation, que par la raretédu papier qu’ils ne peuvent tirer que de la Rochelle ou de Genes. Les livres que l’on im-prime pour l’Efpagne font tous de Scholastiques, de Jurisprudence ou de Médecine, com-posez par des gens de la Nation 6c ne font propres que pour eux : le bon marché en fait leplus grand mérité, 6c même on en taxe le prix en Espagne, par cette raison on fe garde biendans l’impression de s’attacher ni à la beauté du caractère ni à celle du papier. Mais c’est àcet égard que la Librairie de Lyon souffre le plus, parceque les droits établis fur le papier n’endistinguent point la qualité, le plus méchant paye autant que le meilleur, ce qui fait -que nepouvant plus faire aux Espagnols le bon marché accoutumé, ce commerce s’est entièrementporté à Venise ; à Pégard des livres de France, il ne s’en imprime gueres à Lyon, si ce n’estceux que l’on contrefait fur les impressions de Paris, fans cela les Libraires de cette ville mour-roient effectivement de faim.
L’Auteur avoit ci-devant touché en peu de mots le préjudice que le commerce de Geneve R emari}Httfait à celui de Lyon, il a jugé à propos de faire quelques observations plus particulières à cet s<*rG«ntve yégard j la premiere, c’est que Lyon l’emporte de bien loin fur cette ville par fa situation, lamultitude du Peuple, Artisans 6c marchands, au lieu que pour Geneve son travail 6c soncommerce font bornez à tous ces égards ; mais comme Lyon a eû besoin des franchises quilui ont été accordées fous Louis XI, pour enlever le commerce de Geneve, il est certain quel’excès des droits qui fe font accumulez fur celui de Lyon a rejetté fur Geneve la meilleurepartie de son profit. Car encore que la franchise des foires subsiste, comme elle ne se rapportequ’aux droits de sortie 6c que ce sont ceux de l’entree qui enchérisseur la marchandise, se (se.bit n’en est pas rendu plus aisé : c’est en effet ce qui a détruit le commerce de l'épseerse dansLyon Sc qui l’a porté en même tems à Geneve. H en est de même de la draperie, parcequeses marchands de Geneve tirent également les draps fins 6c médiocres d’Angleterre 6c de Hol-lande j 6c de France les grossiers, déserté qu’ils ont des assortimens complets de toutes les
4 espèces.