4ZO Etat de la France.
D a u- ment dociles LUX instructions. Ils embraffêrent d’abord la Religion Chrétienne, dans Iaquel-
i'H i nó. le les uns veulent qu’ils ayent été instruits par des Maîtres Ariens, quoiqu’il foie plus vraisctn-^ blablc de rapporter l’Arianisme de quelques Bourguìnons à leur opinion particulière. II pa-roi t par la Chronique d’idace, qu’ils eurent quelques mécontentemens des Romains, sous laPréfecture d’Arlius, 6c que celui-ci, qui les avoit dèja domptés une fois, les chassa encore dedevant Narbonne & leur tua 20000 hommes l’an 436. Toutefois cette mésintelligence nedura pas, puisque lorsqu’Atila entra dans la Gaule, à dessein d’y éteindre absolument le nomRomain, Gundaire I. Roi de Bourgogne le combatit dabord avec tout le zèle d’un Allié fi-delle, mais avec un si mauvais succès, qu’il y perdit la vie. Son fils Gundioch lui succéda.
Le premier service que celui-ci rendit aux Romains, fut l’expulsion des Sueves, qui, foi-vans la même route que les autres Barbares, étoient venus tomber dans les Gaules. Mais lamort de l’Empereur Avitus ayant ruiné Vintelligence des deux Nations, les Bourguignonscommenceront à faire des entreprises for les Romains j ils prirent la Ville de Lyon &la sacca-gèrent, &, quoiqu’elle fut reprise peu après par l’Empereur Majorien, ils s’en emparèrent u-ne seconde fois, ainsi que de celle de Vienne, Sc poussèrent leurs conquêtes juíqu’à Aix &Marseille j cela arriva environ l’an 465*. Mais Gundioch étant mort peu après, ses enfâns,qui demeurèrent quelque tems fous la tutèle Sc le gouvernement de son frere Cloudouvé, é-tans devenus Rois après fa mort, divisèrent ses Etats 6c commenceront entr’eux des guerresciviles qui les ruinèrent & les uns & les autres. Gombault qui étoit l’ainé eut Vienne Sc leDauphiné pour son partage, 6c comme dans le même tems Evaric Roi des Goths achevoit laconquête de l’Auvergne, où il traitoit inhumainement les personnes considérables, la Courde Gondebault sc grossit de tous ceux qui furent assez heureux pour échaper à fa barbarie. Ilvivoit donc dans une grande prospérité Sc une estime génerale, lorsque Chilperic & Gonde-mar deux de ses frétés s’aviserent de lui faire la guerre, sous le prétexte de l’inégalité de leu rpartage : comme les Peuples n’étoient pas bien disposez pour eux ils se firent assister des Al-lemands. Gondebault marcha au devant d’eux 6c leur donna bataille dans le voisinage d’Au-thun, mais il la perdit de maniéré qu’il crut ne pouvoir fe sauver qu’en répandant lui mêmele bruit de sa mort, en attendant l’occasion qui sepourroit présenter de rétablir ses affaires. Eneffet ses frétés s’emparerent de Lyon êc de Vienne qui étoient les Villes Royales, 8 c ne croy-ans plus avoir d’ennemis, ils renvoyèrent leurs Allemands au dela du Rhin : ce fut alors queGondebault sortit de sa retraite. L'amour que les Peuples avoient pour lui, lui fournit bientôtune Armée avec laquelle il se présenta devant Vienne, qui lui ouvrit ses portes: Chilperic yfut pris 6c y perdit la tête* fa femme, cause principale de la guerre, sut précipitée dans leRhône , fa fille aînée fut obligée d’entrer dans un Monastère ; mais la cadette Clotilde, quela Providence réservoit pour l’inftrument de la ruine de fa Maison, fut conservée en considé-ration de sa jeunesse ; Godmar frere de Chilperic Sc l’autre Chef de cette guerre infortunéepérit par les flammes dans les ruines du Château de Vienne, qui avoit autrefois été le séjourdes Empereurs. Cette guerre achevée, Gondebault, au comble de la prospérité, disposade l’Empire Romain pour .... après la mort d’Olibrius ; mais la méconnoissance de cetEmpereur l’ayant obligé de l’abandonner, il se fit une Ligue entre les Bourguignons 6c lesGoths, en conséquence de laquelle Evaric Roi de ces derniers, s’emparad’Aix, d’Arles 6cdeMarseille, 6c fixa sa résidence en la seconde de ces Villes où il publia des Loix pour se Na-tion. Gondebaut, de se part, voulant réconcilier les esprits, tint une Assemblée generaledes Grands de son Etat en la Ville de Lyon ; il s’y trouva trente-deux Comtes, desquels lesecond fut le Patrice Avremond Fondateur de l’Eglise de St. André le Bas à Vienne ; les re-glemens qui y surent faits acheverent de gagner à ce Prince l’affection de ses sujets. La plusgrande difficulté du Gouvernement consistoit alors en l’éxécution du Traité fait entre sePatrice Constance 6c les Bourguignons, par lequel ceux-ci dévoient avoir la propriété du ti-ers des Esclaves 6c des deux tiers de toutes les terres. Cette stipulation excessive n’avoit paseû son effet entier, au moins en divers endroits. Gundioch 6c Gundachere, considérant ladésolation d’une infinité de familles, qui se feroient trouvées dépouillées de leurs possessions,consentirent qu’elses en demeurassent Maîtresses, fous la condition de nourrir Sc entretenir uu
certain