Etat de la France. 4^
sc mbloît avoir aboli tout ce qu’il y avoit de rude dans le payement des impôts, } cs réduisant à D a tr-ime Capitation modérée} d’autre part Constantin quoique Chrétien fit revivre l a description phi Ne.cenfuelle, qui fut faite sous son Régné avec une extrême rigueur Sc parceque selon la Jurispru- ^ "
dence Romaine la personne est plus noble que ses possessions, on revint à taxer les personnesavec peu d’égard à leurs facultez. On voit fort évidemment dans les livres, que les Ordon-nateurs des impôts croioient alors que ce feroit diminuer leur pouvoir que d’établir une Loifixe par laquelle les fonds auroient payé une taxe proportionée à leur produit ; ils aimoiencmieux, tout comme on l’a pratiqué depuis, être les Maîtres absolus de taxer qui bon leursembloit; c’étoit un moyen sûr d’être toujours redoutable Sc de s’attirer les hommages dètoutes les Provinces. Constantin fit encore plus, il ruina le privilège des Colonies 8c les as-sujettit à un impost arbitraire payable de if en is ans, qui sot nommé l’indiction, dont lapremiere commença Pan du Salut 312. Ses successeurs furent encore moins retenus, ils ren-versèrent l’ordre politique, établi depuis dant de Siècles, ils ne considérèrent ni Loix ni pri-vilèges Sc réduisirent tous leurs Sujets aux mêmes points de servitude: on remarque cependantque le plus onéreux de ces impôts étoit la Capitation rigoureuse Sc excessive que Pon exígeoit.
Pour rendre ce joug plus supportable les premiers Empereurs avoient la coutume de rendretous les ans un compte général de la recette des deniers publics Sc de leuremploy. Cette mé-thode qui ne préjudicioit point à leur suprême autorité étoit souvent accompagnée de remisesgratuites, tant particulières à certaines Provinces, que generales, Sc c’étoit fans doute unègrande consolation pour les sujets auxquels on proposoit P amour paternel du Prince comme lepremier objet} 8c la nécessité de l’État pour le second. Mais quand le pouvoir arbitraire eutpris 1 a place de toutes les Loix, les Peuples changèrent bientôt leur idée, il s ne payerent plusque par force Sc perdirent aussitôt leur affection pour le Gouvernement. Postquam jus Ro-mane libers ath amiferunt , etiam honorent Romani nominis amìserunt. Après qu’ils ont perdu ledroit de k liberté Romaine, ils ont aussi perdu Phonneùr du nom Romain. C’est un passagede Salvien qui explique la cause des malheurs de son Siècle Sc de k chute du vaste Empire des
Romains.
Mais pour reprendre k fuite de nôtre Histoire, il faut fçavoir qu’aussitôt que k guerre ci-vile de Jules César éclata, les Allobroges, comptant qué c’étoit une occasion favorable poursecouer le joug, qui leur etOit insupportable, attaqueient la Colonie de "Vienne Sc châtièrentles Romains de leur territoire, de sorte que s’étans retirés de Pautre côté du Rhône, ils y for-mèrent un nouvel établissement, qui a été l’origine de k Ville de Lyon, déclarée Colonienouvelle par Munatius Plancus suivant un Decret du Sénat Pan 43 avant J. C. Cette séditions’appaisa Sc l’ordre rétabli dans le Pais n’y fut plus troublé dans 1 a fuite, parceque les Romainsy devinrent insensiblement Maîtres de tous les fonds d’heritages, qui furent payez en argent ,aux anciens propriétaires par une libéralité d’Auguste, dont quelques inscriptions font men-tion, de sorte qu’il ne restoit presque plus de Gaulois naturels dans la Province Romaine, sice n’est des gens qui vivoient de leur travail ou de leur service. II paroit peu nécessaire dèsuivre les événemens arrivez en Dauphine fous les Règnes des Empereurs Romains, n’y eh ^ayant aucun qui soit propre à ses Habitans, parceque l’importance de k Ville de Vienne où* Memofrls*résidoit le Sénat des Gaules l’a souvent rendu le théâtre des divisions des mêmes Empereurs. II desdea xvaut mieux passer au tems où les Bourguignons conduits par leur Roi Gibica y furent reçus BoHr í«gne;& y formèrent un puissant Royaume. On prétend, Sc il y a tout lieu de le croire, que les D ^phinéBourguignons ont été les moins féroces de tous les ennemis des Romains z on leur reprocheavec justice les défauts, qui sont la fuite d’une ignorance grossière Sc d’une éducation barbare,mais on ne les accuse point d’inhumanité, ils n’approcherent des terres de l’Empiré que com-me amis Sc y furent reçus comme un secours que 1 a Fortune offroit aux Peuples contre l’in-vasion des Goths, aussi ] e Patrice Constance leur céda avec joye toute retendue du Pais, qufpar son voisinage de l’Allemagne Sc des Alpes, étoit le plus éxpofé aux courses des NationsSeptentrionales} ils en poussèrent ensuite les bornes juíqu’à la riviere du Rhône. Les Peupleslas de l’oppression Sc de l’injustsee de leurs Gouverneurs, les regardèrent comme leurs Libéra-teurs, Sc en effet ils les trouvèrent remplis d’estime pour les sciences des Romains Sc parfaire-Tom. II. Rrrrr ment