Etat de là France. 433
de la Ville de Nismes ; 8c ce Prince profitant de fa victoire prit les Villes d’Arles & de Mar- D a u-seille Lc la plus grande partie du Dauphiné. II paroit toutetois que Gontran rest a maître des^^^àVilles principales & que cette guerre n’eut pas de plus fâcheuses fuites. Le Régné de Gon-tran n’est célébré par aucun autre événement, à la réservé des frequens Conciles qu’ií assem-bla à Maçon, Lion, Vienne, Valence, 6cc. & par la révolté du meme Patrice Mommol, Z.laquelle il ne survécut gueres, étant mort en j'pj. Childebert son neveu fils de Sigebert & deBmnehaut fut son heritier & son successeur, niais il mourut trois ans après, laissant à ses deuxenfàns l’Austrasie Lc la Bourgogne en titre de disserens Royaumes, fous la regence de leur A-yeule. On fçait assez que cette Princesse les anima les uns contre les autres & qu’elle les fittous deux périr. Clotaire II. leur grand oncle leur succéda, par l’assistance d’un Seigneurnommé Varnier, ou Varnacheres, qui lui livra tout l’Etat de Bourgogne l’an 614. II l’encréa Maire perpétuai Lc successif en récompense d’un service si important j mais il mourutbientôt Lc son fils Godin n’ayant occupé que peu de tems la même Dignité, elle fut suppri-mée à la grande satisfaction des Peuples, auxquels on donna néanmoins des parties amoviblespour les gouverner de plus près que les Rois ne pouvoient faire. Les successeurs de Clotairesecond possedoient le Dauphiné Lc le gouvernèrent dans une pleine paix, moins toutefois pareux mêmes, que par leurs Maires, Lc ce fut un grand bonheur pour le Pais, que leurs divisionscontinuelles eurent leurs effets dans les parties septentrionales de la France Lc ne se firent pointsentir aux rivages du Rhône. Pendant ce repos, le Siège de Vienne fut occupé par des Pré-lats illustres, qui firent fleurir la Religion de tout leur pouvoir^ mais on peut dire qu’ils pouf-fèrent leur zèle à l’excès par le grand nombre de Monastères qu’ils établirent autour de cetteVille : on y comptoit plus de 1 y00 Moines Lc quantité de Religieuses ; le Clergé séculiern’étoit pas moins nombreux, Lc ce fut alòrs que Vienne acquit le surnom de Sainte, en con-sidération de ce peuple d’Ecclesiástiques, qui en Faisoit la plus forte partie.
Un cruel orage succéda à cette longue paix. La ruine des Gots en Espagne attira les Sar- Guerre desrazins en deça des Pirénées, où ces mêmes Peuples possedoient le Languedoc Lc la Provence . &maunsiLa guerre commença par la prise de Narbonne, d’ou elle passa à Toulouse, Nismes Lc au-tres Places, mais ce ne fut alors qu’un mal passager j les Sarrazins s’étans portés dans l’Aqui-taine Lc jufqu’à Tours où ils surent défaits. Leur seconde invasion fut bien plus terrible &futprocurée par les enfans du Duc Eudes de Guienne, qui privés de leur heritagè par CharlesMartel, eurent recours aux Conquerans pour regagner ce qu’on leur avoit ôté. Les intelli-gences que les Sarrasins trouvèrent par leur moyen dans le centre de la France, leur livrerentArles, Avignon, Vienne, Valence, Lyon, Auturi, Maçon, Chalons, Auxerre, & en gé-néral toutes les Villes jufqu’à Sens qui leur résista. Dans cette course impétueuse, ces Barba-res s’attacherent à ruiner les Eglises Lc les anciens monumens, ce qui leur fit perdre l'affectiondes Peuples, qui fans cela auroient pû se déclarer pour eux, tant les Ecclésiastiques avoientallumé la haine publique contre Charles Marte], qui les depouilloit de leurs biens > mais ceHéros étant repassé d’Allemagne en France, au bruit de cette guerre nouvelle, repoussa bien-tôt les Sarrazins, regagna tout le Païs, établit de nouveaux Comtes ou Gouverneurs, & forçala Ville d’Avignon, dont il fit abattre les murailles en punition de fa résistance. Pépin suc-cesseur de Charles Martel dans la Mairie, Lc depuis Roi de France, par la déposition de Chil-peric dernier de la Race des Mérovingiens, honora souvent la Ville de Vienne de íá présence.
II y reçût le Pape Etienne Lc son frété Carloman Moine du Mont Cassin, député pour solli-citer de la paix en faveur des Lombards: ce même Prince y mourut dans le course de cetteAmbassade.
A Pépin succéda Charlemagne, qui ne fit rien de particulier en saveur du Dauphiné, sice n’est se bâtiment d’une Chapelle à Septeme qu’on lui attribue. II est certain d’ailleurs,qu’il passa & repassa plusieurs fois dans la Province, à l’occasion des ses Voyages d’Italie Lcde l’Espagnei mais comme son Gouvernement fut ferme Lc vigoureux, il n’y eût aucun évé-nement particulier en Dauphiné. Louis le Débonnaire son fils n’eut pas la meme force queson frere i son Régné, quoique glorieux eut le malheur d’être troublé des divisions de ses en-fàns, qui 1 e firent déposer Lc le confinèrent dans un Monastère duquel il sortit, cependantTom. II. S f f f f avec