Band 
Tome second.
Seite
434
JPEG-Download
 

434 Etat de la France.

D a u- avec avantage 8c l’humiliation de ceux qui Pavoient dépouillé. Lothaire ion fils aine 8c prin_ph i n é. cipal Successeur fit fa retraite à Vienne 8c y séjourna jusqu’à ce qu’il passa en Italie par lesv 'ordres de son pere qui mourut en 840, laissant son Etat partagé, desorte qu’avec l’Italie 8cl’Austraíìe, Lothaire eut tous les Royaumes de Bourgogne avec le titre d’Empereur. La di-vision des freres continua sous le Régné de ceiuy-ci, la bataille de Fontenay en fut le plus tristeeffet: 8c après cette sanglante journée, il se négocia une paix en 843, dans laquelle le partagede Lothaire fut confirmé. II mourut sept ans après, s’étant retiré dans l’Abbaïe de Pruinoù il ne vécut que quelques mois. II partagea sos Etats à ses trois enfans; Louis eut le titred’Empereur avec P Italie; Lothaire l’Austrasie & Charles le Royaume de Bourgogne avec laProvence, depuis la Saône jusqu’ à la mer. Ces deux derniers eurent quelque mésintelligence,qui fut promptement accomodée par la médiation de Charles le Chauve ; 8c Charles Princefoible 8c dévot régna dans une paix profonde jufqu’en 863. II résidoit au Palais deMontailîeà quatre lieues de Vienne. Après fa mort ses freres partagèrent son Royaume; Louis prit laProvence 8c la Tarentaise, laissant à Lothaire !e Lyonnois 8c le Dauphine. Ce Lothaire II.mérita peu d’estime, toute la renommée qu’il a laissé ne regarde que ses amours pour Valdra-de, au mépris de son épouse Thierberge ; il n’eut que deux enfans de la primiere, Hugues,qu’il établit Duc en Alsace 8c Berthe épouse du Comte Thibault, duquel sortit Hugues Com-te deVienne Marquis d’Arles & depuis Empereur en Italie. Charles le Chauve, après lamort de Lothaire, s’empara des ses Etats, au préjudice de l’Empereur Louis frere aine de cePrince, qui, croyant néanmoins être aífcz puissant pour soutenir son droit, entra en Dau-phine, où il se fit reconnoitre, par la faveur du Comte Girard de Roulfillon, qui en étoitGìrardde Gouverneur depuis le Régné de Lothaire I. II est bien difficile de déterminer quel étoit ceRoujsilwn. Qj rarc ^ q Ue p on surnomme de Rousiillon. On vcit par son Testament qu’il étoit fils de Lu-thard 8c de Grinuldis, 8c que les Comtes Leufroy 8c Adelard étoient ses proches pareils ;d’ailleurs il avoit épousé Berthe fille de Hugues 8c de Bava. 11 avoir le surnom de Rouffillonà cause de la terre du même nom en Dauphine, où il avoit fait édifier un Château considéra-ble : 8c enfin on prétend qu’il est le Chef de l’Ancienne Maison de Rouffillon, qui a pofiédécette même terre plus de 800 ans après lui ; mais dé juger fi ce Comte est le même que celuiqui a été Fondateur dc PAbbaïe de Ponthieres en Bourgogne & qui y est enterré, cela estdifficile à dire : il y a même toute apparence qu’ils étoient fort differens 8c par le Siècle ou ilsont vécu 8c par la datte de leur mort. Quoiqu’il en soit, Girard ayant fait reconnire l’EmpereurLouis, celuicy fut obligé de repasser promptement en Italie, à cause de la guerre que les Sarrazinsy avoient portée. Charles le Chauve profitant de cette conjoncture vint en Bourgogne avec de for-tes troupes, la soumit en peu de tems, puis passant en Dauphine,dont Girard avoit fortifié toutes le sPlaces, il vint mettre le siège devant Vienne au mois de Septembre 870. Berthe femme de Girardla défendit is mois durant 8c ne la rendit à composition que le jourde Noël de l’année sui-vante. Par ce Traité Girard perdit le Gouvernement de la Province 8c le titre de Comte deVienne, qui fut donné à Bozon frere de Richilde, épouse de Charles le Chauve, mais il con-serva tous ses autres biens. Louis Empereur mourut en 87s, laissant une fille qui ne pouvoirlui succéder par les Loix de l’Etat, ce qui donna occasion à Charles le Chauve de passer enItalie Sc de s’y faire couronner Empereur, au préjudice de Louis de Germanie son frere aîné.impôts du II tint avant de partir une assemblée generale de Prélats 8c de Grands à Compiegne, dans la-c l uc ^ e on rc £ la ^ es ffissots qui soroient levez pour cette dépense, sçavoir un sol d'or íur châ-chauve . 6 fiue mas du Domaine Royal, quatre deniers d’or sor chaque mas roturier ou servile 8c deuxautres deniers fur les possesseurs de ces derniers mas. Ce Reglement fait connoître. i° Quel’usage des Fiefs n’étoit point encore établi. 2 .° Que tout le territoire du Royaume étoit divisé enportions nommées Mas, quasi manfiones , dont les unsappartenoient ou Roy, les autres à la NationFrançoise 8c partant censées libres, les autres à la Nation Gauloise, 8c partant censées serviles. 3°Que les unes 8c les autres étoient taxées pour raison du fond ; les domaines royaux plus que les au»tres, parce qu’ils appartenoient foncièrement au Roy, quoiqu’ils eussent passé aux mains de leurscréatures ; les domaines libres un tiers moins, 8c qu’à l’égard des serviles estimez les moindres en va-leur, ils payoient moins en un sens, mais que les poíîèíseurs en étoient períoneìlement taxes par aug-mentation.