Déserts ti-ens parti-culières.
D'AìxCa-
pitale.
D’A'lts.
Etat de la France.
J’ai cru devoir faire suivre Vidée generale que T Auteur vient de donner de la Provence, parle détail des villes 8c des lieux considérables qu’elle contient, quoi que ne soit pas Tordre qu’íla tenu dans la disposition de son mémoire; c’est un effet de la liberté qui je me suis réservéedans ces Extraits, de ne m’attacher à la méthode des Auteurs, qu’autant qu’elle me parolepropre à établir la notion de la matière qui y est traitée.
La ville d’Aix Capitale de la Province 8c siégé d’un Archevêché 8c d’un Parlement, estbâtie dans un pays fertile ôc agréable fur le bord de la petite riviere d’Ore, à six lieues de laMer, 8c à trois de la Durance. Elle reconnoit Sextius Calvinus, Consul Romain, pour soilfondateur, quoi qu’il y ait apparence qu’elle est beaucoup plus ancienne, il est certain néan-moins, que son nom Latin Aquae Sextiae , est composé de celui de ce General, 8c de sesEaux chaudes, que les Romains estimoient beaucoup.
Le premier de ses Evêques a été S. Maximin, entre les successeurs duquel on compte deuxSaints, un Pape, huit Cardinaux 8c plusieurs savans personnages, tels que Petrus Aureolus,Genebrard, Paul Hurault, 8cc. Outre le Parlement qui y réside, il y a Cour des Aydes, Bu-reau des Trésoriers de France, Chambre des Comptes, Justice Royale, Cour des Monnoyes8c Université. L’huile qui croît dans son territoire, en fait le principal commerce avec la fa-brique de quelques Etoffes qui se debitent dans les environs ; cette ville est à présent Tune desmieux bâties du Royaume, malgré les désolations du pays. La Cathédrale dediée à St. Sau-veur, a une Tour éxagone fort haute, on y volt une belle Abbaye de l’ordre de Cisteaux,nommée Sauvecane, dont 1 a Meuse abbatiale est un autre chapitre de St. Sauveur ; il se tientune Foire considérable à Aix tous les ans le 16 Juillet.
La ville d’Arles est située fur le Rhône à l’éndroit ou il se partage en deux branches pourembrasser T étendue de terre que Ton nomme la Camargue i íâ fondation est si ancieqge queTon trouve de k difficulté à recevoir Topinion vulgaire, qui la fait une Colonie des Phocéensde Marseille, on croit qu’elle a devancé ce tems-là, quoi que Strabon ait dit le contrarie, elleétoit premierement habitée des Gaulois Segoregiens 8c avoir un Roi particulier. L'originede son nom est aussi incertaine que celle de fa fondation, quelques uns le rapportent à celuid’un Autel qui etoit nomme Ayiilcitci , 8c fur lequel k tiadition veut que 1 on aît long temsimmolé des victimes humaines à Thonneur de Diane; on prétend même que les débris d’unePiramide que Ton voit au lieu dit k Roquette, hors les murs de k ville, soient les restes de cefuneste Autel, mais cela supposeroit que le nom d’Arles seroit tiré du Latin, ce qui a peud’ap-parence, puis que cette ville éxistoit long tems avant que les Romains passassent dans le pays,la vray semblance est donc toute entiere que le nom Araïata est pris du Gaulois ou Celtiqueancien 8c signifie une ville bastìedans des lieux humides8c marécageux; cette signification setrouve entiere dans le bas Breton, 8c le langage du pays de Galles; ce fut Cambden qui Tap- „prit au docte M. de Peyresc. Cette ville a encore porté les noms de l’beìine 8c de Mamìlla-ria , qui tous deux en Grec 8c en Latin signifient Mammelles , on peut croire qu’ils ont rap-port à une Divinité particulière qui y étoit adorée, laquelle étoit représentée comme un Termeportant une teste de femme 8c remplie de Mammelles depuis le haut juíqu’au bas; on peutcroire que les anciens honoroient 1 a nature sous cet emblème. Enfin Arles ayant passé aupouvoir des Romains, fut honorée du titre de Colonie, on y établit le séjour du Préfet desGaules, Ton voit que dans le bas Empire elle portoit le titre de Mater omnium Gallìarum ,parce que l’aísemblée commune des sept Provinces s’y tenoit tous les ans depuis les Ides d’Aoust,jusqu’à celles de Septembre; ce furent ces honneurs qui la porterent à disputer depuis le rang deMétropole à k Ville de Vienne, 8c qui donnèrent lieu aux Evêques d’Arles de faire une con-testation pour k Primasse, qui est un incident considérable de l’Histoire Ecclésiastique desGaules, Cette ville résista long tems à l’invasion des Goths; Aetius la délivra en 42.9, dusiégé qu’ils y avoient mis, Thorismond k réaísiegea en 472.; Theodoric, en 457, 8c enfinEvaric, la soumit en 466. Les François sous Clovis voulurent s’en emparer, mais Ibas, gé-néral de Theodoric les repoussa avec perte, de sorte qu’ils n’en furent maîtres qu’aprèsla ruinedes Ostrogots, Lc k cession que leur en fit Justinien. Dans 1 a fuite lesSarrazins prirent cet-te place en 730. Charles Martel les en chassa, 8c les Rois de ft seconde race en demeurèrent
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