Etat De LÀ France. w
ne prodmt quoi qœ ce soit, àlì tout ce que l’Auteur -, jugé digne d'être observé touchant Pro-les Montagnes de Provence. vence
A l’égard des Rivières il n’en compte que deux principales, la Durance Sc l c Verdon la''—V—'piemiere, qui fort du Mont Geneve, passe à Sisteron où elle commence à porter batteau à.vìeref!"Manosque, à Orgon & fe jette dans le Rhône au lieu de Barbantau, bourg dont le territoirepioduit d excellons vins;, elle ìeçoit dans son cours plusieurs petites Rivières dont l’Auteur nefait aucun détail. Le Veidon prend fa source à Colmart, passe à Castelanne & fe jette dansla Duiance au delîòus, & à quelques lieues de Manosque. Les autres Rivières, dont T Au-teur a fait mention, font la Fare qui passe à Aix & fe perd dans l’Etang de Berne > la Veannequi sortant de la Montagne de S-. fieaume, vient arroser le territoire de Marseille, passant àAubagne* 1 Argent, qui prend sa source dans les prairies de St. Maximin, passe à Garces, àArs & fe jette dans la Mer entre Frejus & Grimaud ; cette Riviere en reçoit quelques autresdans son cours, mais loin d'étre utile aux lieux qu’elle arrose, elle y porte un grandpréjudicepar ses inondations continuelles. La Ville d’Apt est bâtie fur un torrent qui fe nomme leCalavon, fur lequel on voit un pont d’une feule Arche dont on rapporte le bâtiment à Tô-les César. **
II y avoit une fontaine salée dans le voisinage de Sisteron, de laquelle on faisoit du sel três-u«excellent, mais les fermiers des gabelles ont pris foin d’en faire tarir la íburce ; c’est par le ^‘ nes ‘même principe qu’ils ont établi une garde à l’embouchure du Rhône, pour dissiper le sel quis’y forme naturellement des eaux de ce Fleuve Sc de 1a Mer battues ensemble - que s’ils nepeuvent empêcher les effets communs de la nature, ils empêchent du moins que les habitai*du Pays ne s en servent, & qu’ils n’en puissent emporter pour leur usage ^ hatntans
Les Rivières &: la Mer deProvenue £bm.également poissonneuses, „„ pèche dans 1= R tóne .quantité de Brochets & d Aloses dans la saison ; dans la Rivière d’Argent, des Truites deCarpes, des Brochets & autres especes, Sc dans toutes les autres, des Truites. La Mer four-nir des Esturgeons & du Ton en abondance, des Oeufs desquels on faisoit autrefois le Caviar"elle donne aussi des Anchois, que l’on transporte dans toute la France* Amibes est le lieu oùon les prépare le mieux. On aprête les Boutarques à Martignes, ce sont de petits poissonsfricassez & mêlez avec de l’huisle dans des banques faites exprès* on y desseiche aussi les œufsde mugets, âpres les avoir salez comme des harangs. r
Les Provenceaux font naturellement sobres, surtout lors qu’ils vivent à leurs dépens iísCataffont assez de courage, mais ils sont inconstans Sc doubles, on ne doit que rarement sc fier à leur** ^bonne foi, ils sont tous grands parleurs, aimant à débiter des fables de leur composition ^fort entêtez de leur propre mérité Sc arrogans, singulièrement dans leur terrain • ils baissentla dépendance au point que les Seigneurs des lieux Sc tous ceux qui ont droit de supériorité vfont sujets à des mortifications sensibles, encore est ce le moindre cas où ils puissent tomberj en ayant eû souvent de massacrez ou indignement traitez. Cette disposition les a fait regar-der à la Cour, comme des sujets très-difpofez à la révolté, & c’est le principe sor lequel on aréduit les Etats aux simples assemblées des Communautez, pour prévenir les mouvemens po-pulaires ou ils étoient en quelque forte accoutumez, ainsi qu’il arriva en 1648, où sor la nou-velle que le Parlement d’Aix avoit été semestre, il fe fit en un moment un si grand tumulteque le Gouverneur de la Province y fut arrêté prisonnier, c’étoit alors le Comte d’Alais Sc ilfut retenu jusqu’à-ce que le Parlement eut obtenu la révocation du semestre, Sc l’abolition deia révolta Les Provenceaux aiment fort les ajustemens Sc I es beaux habits, mais ce qu’il y ae „ m § u ’!r r ^ ans pays# E 1 elegance naturelle, & le bon sens ordinaire du païïânquí paroittoujours íi bien instruit des matières dont il s’agit, que l’on a peine à comprendre comment ila P u acquérir ces talens fans éducation. La Religion Catholique a toujours été 1a feule reçuedans 1a Provence j toutes les sois que les Hérétiques ont voulu s’y établir, ils en ont toujoursété repoussez « punis sévèrement quand ils ont dogmatisé* on en peut donner pour témoinle massacre de Merindo] Sc de Cabrieres dans le XVI. Siécle, ainsi que la résistance du Par-lement a l’etabliísement d’une chambre de l’Edit au teins dé Henry IV, quelque profit que leParlement. Sc le Roi lui-même en eufíènt pû eíperer.
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