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Tome second.
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Etat de la France.

P r o- l’égard de la Crau, il dit que c’est un pays très-ennuieux, exposé au vent 6c au soleil, mais qu’iîvence. est d’un excellent rapport.

Marseille, siège d’un Evêché important 8c port de Mer des plus renommez, a été depuisfa fondation très-considerable * les Grecs de Phocée, dans l'Ionie, qui étoient eux mêmesColonie des Athéniens, la sondèrent environ Pan CLXIV. de la ville de Rome, mais quoiqui leur établissement, fut d’abord assez foible, les nouvelles qu’ils envoyerent en Ionie, de labeauté du lieu qu’ils avoient choisi 8c de la fertilité du pays, excitèrent leurs compatriotes àleur envoyer des secours suffisans, pour donner à leur nouvelle ville toute la force dont elleavoit besoin pour se soutenir ; ils y établirent le gouvernement populaire, mais ils lui donnè-rent une forme si sage, 6c imposèrent aux particuliers des loix si judicieuses, que leur Répub-lique fleurit en peu de tems, par le commerce 6c l’industrie de ses h a bi tans, par l’étude desSciences 8c des beaux Arts, par leur supériorité sur leurs voisins 6c par leur réputation chezles Etrangers, qui fut telle, que des extrémitez de la Gaule, les grands Seigneurs envoyoientleurs enfâns à Marseille, y recevoir l’éducation 8c y puiser les sentimens de vertu qui dévoientformer leur gloire 6c leur bonheur dans le cours de leur vie, 6c chez leurs deícendans.

En ce point de prospérité, ils se trouvèrent si chargez de peuple, qu’ils furent obligezd’envoyer des Colonies dans leur voisinage, Agde en Languedoc, Nice 6c Amibes ont étéles principales} mais ce qui acheva de donner d’éclat à leur ville fut l’amitié des Romains*qu’ils avoient effectivement méritée par tous les bons offices possibles j ce fut en effet Marseil-le, qui leur prêta de l’argent pour racheter des Gaulois, le pillage du Capitole 6c les ru-ines de leur ville* c’est aussi ce qui leur attira la haine des Gaulois, 6c qui les engagea à defréquentes guerres contre les plus voisins * Les Carthaginois se mirent aussi de 1 a partie, mai’savec l’aflîstance de Rome, Marseille fut toujours hors de la crainte de succomber. Enfincette ville donna entrée aux Romains, pour porter leurs conquestes dans les Gaules, on sçaitqu’elle fut la suite des guerres qu’ils y firent, 6c comment César les termina par la prise mêmede Marseille, qui toujours attachée à la République Romaine, refusa d’entrer dans les inté.lests de ce Conquérant 8c mérita par certe fidélité 1a perte des tous ou de la pluspart de ses pri-vilèges. Après la chute de l’Empire Romain, elle passa au pouvoir des Goths, des Bour-guignons, des Rois de France 6c enfin des Sarrazins fur lesquels elle fut reprise par Char-les Martel. Elle fit ensuite partie du Royaume d’Arles, 6c commença d’avoir des seigneursparticuliers en P70, en la personne de Pons I, troisième fils de Bozon II. Comte de Pro-vence* ce Pons prit la qualité de Vicomte 6c possedoit, outre la Capitale de son Etat, vingtou trente autres terres importantes le long de la mer, entre lesquelles ou comptoir les liesd’Hiercs 8c Toulon d’un côté, 6c Martignes 6c Foz de l’autre * à Pons I, succéda Guillaumequi se fit moine en l’Abbaye de St.Victor après le trépas de ses deux femmes* à Guillaume J,succédèrent Guillaume II, dit le gros 6c Foulques, qui gouvernèrent indivisément* l’un 6cl’autre firent de grands biens aux Eglises, 6c particulièrement à l’Abbaye de St. Victor. Guil-laume II. fut pere entr’autres enfans de Guillaume III, qui lui succéda, 8c dont la postéritédura fort peu, 8c de Geoffroi I, qui prit auflî le titre de vicomte 6c mourut en iopo, laiflantPons III, dont la postérité s’éteignit encore après avoir vendu à la communauté de Marseille,une grande partie de son patrimoine, 8c spécialement Hieres, Bergançon, 8cc. 8t Hugue sGeoffroi I. qui eut entr’ autres enfans^ Hugues Geoffroi II, vicomte de Marseille, Seigneurde frets, lequel mourut en 1170, après avoir eu de grandes contestations avec les Religieuxde St. Victor, il laissa cinq fils qui partagèrent son Etat, Hugues Geoffroi III, dont la filleAlix porta un cinquième de la vicomté 6c propriété de la ville de Marseille à Raymond deBaux, qui les vendit aux citoyens de Marseille pour 80000 sols Royaux d’or. Guillaume IV,qui n’eut pareillement qu’une fille mariée à Gérard Adhemar, Seigneur de Monteil* lequelconjointement avec son Epouse, vendit aux Marseillois fa portion en la vicomté pour y0000sols d’or 6c une rente de 100 1 - Barrai I. n’ent aussi qu’uue fille mariée à Hugues des-Baux, lequel vendit fa part aux Marseillois pour 46000 sols Roy aux, 6c 3000 de pensionperpétuelle, son traité estdel’an IZ14. Raymond Geoffroi IV. fils de Hugues Geoffroi

II, vendit