Etat de lá France;
Jí, vendit encore sa part aux Marseillois, 40000. Royaux, mais fa fille Sibille, qui lui P. R0 *survécut jusqu’en ir6i, prétendant que son pere n’avoit pû aliéner sa légitime, soutint son vence.droit contre les Maríêillois, 6c en fit ceíîìon a Charles I, Comte de Provence. Enfin le cin„ ^ ’
quiéme fils, nommé Roncelin, ayant été moine dans l’Abbaye de St. Victor, trouva moyende s’en évader 6c de rentrer dans le Monde, le Pape le contraignit à reprendre son habit;mais il lui laiíla lá disposition de ses biens, à cause des dettes qu’il avoit contractées ; en con-séquence de ce droit, il fit une vente dé sa part de Seigneurie aux Religieux de sa Maison;mais peu après il en fit une seconde aux Marseillois, d’où il s’enfuivit des contestations infi-nies entre les deux partis; il avoit même dèja aliéné le huitième de la Seigneurie à GuillaumeAsceline, gentil-homme particulier de la Ville de Marseille, mais celui-ci voulut bien rece-voir son rembourcerrient des Marseillois, sens former de difficultez. Telle fut la fin des Vi-comtes de Marseille, lesquels s’ils avoient établi dans leur Succession les maximes fondamen-tales d’un Etat bien policé, en maintenant ^indivisibilité des fiefs, 6c excluant les filles dû par-tage, se seroient maintenus bien plus long tems, 6c auroient peut-être englouti les autres puis-sances qui s’étoient formées dans la Province, mais le grand nombre de partages les affoiblitde sorte que les plus sages êc les plus déréglez de leurs heritiers, trouvèrent également leur a-vantage à traiter des droits dont l'exércice étóit réduit au cinquième d’uné Souveraineté. Lesdattes de ces aliénations font toutes differentes, mais comprises entre les années 1190, 6c1214 : il paroit par l’énoncé des Contrats, que les Vicomtes ont cédé aux Marseillois tout cequils possédoient dans la Ville, Territoire, Jurifdiction civile 6c criminelle, Censives, Ere-iZins, Chevauchées, Landes, P01 ts, Caves, Terres, JVIontagnes, Rivages, Pesehes, IílcsChasse 6c généralement tous les droits qui leur appartenoient. Alors cette Ville pensant êtrerétablie dans son ancienne liberté, s’érigea d’élle même en République, elle traita avec cellede Gayette en 1208, avec Pise en 1210, avec Arles 6c Nice en Provence, Empuries en Es-pagne, le Prince de Beritë en Sirie, à pour assurer d’autant mieux sa liberté, elle fit un der-nier traité avec Raymond Berastger, Comte 6c Marquis de Provence, par lequel, au moyend’une somme de — deniers, celui-ci ''affranchit des droits de lots 6c ventes, qu’il prétèndoit lissappartenir 8c arresta avec elle une ligue offensive 8c deffensive, comme avec une puilîânce in-dépendante. Mais Charles I, Comte de Provence, Prince ambitieux 6c rempant, ne pût oune voulut pas souffrir que ceux qu’il pouvoit regarder Comme ses sujets, exerçassent à ses yeuxune Souveraineté réelle, il attaqua d’abord Avignon 5 c Arles, qui se soumirent ; Marseille setrouva pareillement trop foible pour lui résister, ce qui donna occasion aú traité de í ijj,par lequel cette Ville reconnut la Souveraineté du Comte, aux conditions d’être maintenuedans l’éxemption des Tailles, Aydés, Péages 6c autres impositions en général 8c même du ser-vice de l’Ariere-banj attendu qu’il n’est pas juste de priver une place si importante de la dé-fense de ses propres habitans, 6c c’est en Conséquence de ce traité que la ville 6c le territoirede Marseille sont regardez comme pays donné, diffèrent de 1 a Comté de Provence, uni néan-moins à ses Etats sens y être confondus. Lé même Charles I. traita avec l’Evêque dé Mar-seille, d’une part de Jurifdiction qu’il avoit dans la Ville, mais quoi qu’il semblât que tous lesdroits deS Vicomtez eussent été éteints par les ventés que leurs heritiers en avoient faites, qse trouva, en 1290, Un Roger de Fox, Seigneur dé Parmes; car les differentes branches dePancienne maison avoient pris des noms de terres -, lequel prétendit que ses Ayeuls n’avoientpû aliener une Souveraineté qui étoit substituée à l’ainé des Mâles leurs Successeurs, cepen-dant fa prétention n’eut point d’autres suites que celle d’órner íès titrés dè lá qualité de Vi-comte de Marseille.
Après ce morceau d’áncienne histoire, l’Auteur donne une description de la Ville de Mar-seille, qu’il dit être la plus peuplée, la plus marchande 8c k plus grande de k Provence. Sasituation est au penchant d’une Colinè qui descend a k Mer ou est le port, de sorme ovale 8cde quinze à seize cents pas de longueur. Ce port a d’un côté k Forteresse 6c l’Abbaye de S.
Victor, & de l’autre un Quay revêtu 6c orné de belles maisons. Enfin il est fermé par unechaîne qui partant d’une greffe Tour, bâtie pour en défendre l’entrée, se repose d’espace eriespace sur de gros pilliers de pierre, qui ne laissent le passage fibre que pour un vaiíseaù â ía
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