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ÉTAT DE LÁ FrANCÎí
L a k- n’étoit pas encore achevé que contre l’attente 6c l’intention des plus expérimentez en cettecuedoc. matière, on s’apperçut que la grosse Mer remplissoit le port d’un fable qui y demeu-roit nécessairement, parce qu’elle n’avoit plus la force de l’en faire sortir, étant resserrécontre les jettées. Ainsi on s’est trouvé obligé d’avoir recours aux machines ordi-naires pour le vuider 6c le curer. La Province fait tous les ans un fonds de 3000I. pourcette dépense, en conséquence d’un marché fait pour pareille somme & qui doit durer30 ans. Le port de Lettes, on Sete, communique aux Etangs par un Canal de vingttoises de large que l’on a mis à 14 piez de profondeur ; deforte que les barques 6c lesGalères peuvent s’y retirer, ce qui en augmente de beaucoup la commodité. Aurestece port n’a que quinze pieds de profondeur quand il est le plus net & ne peut par con-séquent être d’usage pour les gros vaisseaux : aussi fufsit-il qu’il soit assuré pour les Ga-lères 6e pour les petits bâtimens qui font le commerce de la Coste, puisque la Mer dece Golphe est si fâcheuse par les Courans, les Vents 6c les Sables, qu’aucun vaisseau con-sidérable n’ofera jamais s’y engager.
Nouveau -àptês une déclaration si formelle de l’Auteur, il est surprenant qu’il propose la cou-per* à struction d’un autre port à l’embouchure de FHerault à Agde, sur la simple raison que■Agde. cette Riviere y est fort creuse 6c fort large, car il observe que la Mer jette une sigrande quantité de Sables à l’extremité de l’embouchure, que les barques n’y peuvent pas-ser, mais il ajoute que l’on y pourroit faire des ouvrages qui retenant plus loin le flot,donneroient moyen au courant d’eau douce d’ouvrir un passage qui pourroit servir d’ en-trée aux vaisseaux, il ajoute que ce port auroit l’avantage d’avoir une rade par l’abri duRocher de Brescou, sur lequel il y a un port de quatre petits Bastions qui serviroit à sadefence, quant à moi ces propositions me paraissent absurdes, dès que l’on a reconnu lesinconveniens du port de Lettes, malgré la depense que l’on y a faite, puis qu’ils fe-raient communs au port d’Agde si on le faisoit ; ce que F Auteur ajoute touchant la su-périorité que de pareils ouvrages nous donnent fur les Romains, parce qu’ils n’ont ja-mais crû la Côte du Languedoc accessible aux vaisseaux, cela dis-je ne sert qu’à nousobliger d’avoûer qu’ils employoient leur depense & le travail de leurs troupes avecbeaucoup plus de précaution que nous, & jamais fans certitude de bien réussir.
Pêche or - Les différantes sortes de Pêche qui se font en Languedoc, sont ou de Mer, ou de Ri-dinaire, v j ereSj ou d es Etangs & Marais qui s’y rencontrent ; celle de Mer se fait avec desBarques qui portent plusieurs centaines d’hommes, lesquels traînent de très longs filetsDe Mer qu’ils a PP e ^ ent Bouillets, dont ils environnent une assez grand espace de Mer & ra-massant ensuite les deux bouts fur le rivage, ils les retirent avec tout le Poisson quis’y est pris. II ne parait pas selon cette description, que les Pescheurs de cette Côtecommissent la maniéré dont elle se pratique dans l’Ocean, soit à la Orage, soit au filet,qui est bien plus abrégée 6c peut être plus avantageuse. La pêche des Rivières, se faitcomme par tout ailleurs, aussi bien que celle des Etangs, des Graux ou des Ouverturespar lesquelles la Mer y entre ; mais celle des Marais a quelque chose de singulier, enrail?**' ce que les Pescheurs y pratiquent des especes de labirinthes qu’ils nomment Bourdigues,dans lesquels le poisson se rend insensiblement, passant de réservoir en réservoir jusqu’audernier qui est au milieu de tous les autres, 6c dont il ne peut plus sortir, de sorte quel’on Fy prend avec facilité quand l’on en a besoin : Ces Bourdigues ne font autre choseque des clôtures de Roseaux pressez les uns contre les autres. Quand aux espèces dePoisson que l’on prend à la Mer où dans les Etangs & Rivières, elles font pareilles àtoutes celles que l’on pesche dans tout le reste des Mers 6c des Rivières de l’Europe ;l’Auteur auroit pû s’expliquer d’avantage parce que l’on ne connoit pas bien au Nordde la France plusieurs poissons qui font communs dans la Méditeranée, tels que le Ton6c l’Esturgeon, au lieu que cette Mer produit peu d’huitres, de Sardines, 6c de quelquesautres espèces que l’on a en abondance fur la Coste de FOcean.
Passant