îj PRÉFACE»
» liaison des méthodes , l’en chair ement des nouvelles théories,„ à commencer depuis les premiers temps ju-squ’au nôtre. Un» tel ouvrage , bien fait , pourroit être regardé comme l’histoire*> de l’esprit humain , puisque c’ëst dans cette science , plus» que dans toute autre, que l’homme fait connòître l’excellence„ Je Tintelligence que Dieu lui a donnée pour l’élever au-dessus„ de toutes les autres créatures ». M. de Montmòrt ne s’eíitint pas à ces souhaits et à recommander cette histoire : îtî’entreprit bientôt lui - même , et l’avoit même fort avancée ,Comme l'apprend un fragment d une de ses lettres rapporté dansles Actes de Léipsielc (i). Quel homme pouvoit mieux L’exéeu-ter que ce savant géomètre, qui à ses profondes eonnoissances ,joignoit ['avantage d une correspondance fort étendue qui lelioit avec la plupart des principaux géomètres de TEurope ?mais sa mort nous a envié ce précieux ouvrage , et les re-cherches que j'en ai faites autrefois auprès de ses héritiers, par['entremise d’un homme célèbre , M. de la Condamine , quiétoit lié avec eux , n’ont abouti qu’à m’assurer de la destructionou de la dispersion totale de ces manuscrits précieux.
Ce sont ces mêmes motifs et un goût mélangé pour l'érudi-tion et les mathématiques , qui m’inspirèrent, il y a bien desannées, dans ma province, et avant que de connoître cessouhaits de Bacon et de M. de Montmort, l’entreprise que j’aïexécutée depuis. Je m’étois, à la vérité, d’abord borné à l’his-toire de la géométrie et des mathématiques pures ; mais 1»crainte de faire un ouvrage qui n’eût intéressé qu’un trop petitnombre de lecteurs , et les exhortations de quelques personnes ,me lirent étendre mon plan jusqu’à l’histoire générale des ma-thématiques. Peut-être eussé-je mieux fait de m’en tenir à morepremier projet.
Quoiqu’il en soit, voici la manière dont je l’ai exécuté. J'aîd’abord remonté aussi hau t qu'il étoit possible vers l’originede ces sciences. J’ai suivi ensuite leurs traces chez les plus an-ciens peuples , et substituant quelquefois à un developpeméntinconnu , un développement íictiee et probablement peu diffe-
(i) Année 1721 , pagp 21&