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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. I. 5dencesont toujours saus nuages. Elles ne sauroient avoir plustle certitude absolue que le prhicipe qui leur sert cle íondementjcest en quoi elles tiennent de la Physique : dun autre côtéelles jouissent dune évidence hypothétique, égale à celle desMathématiques abstraites $ je veux dire que leur principe sup-posé vrai, elles ne sont pas moins certaines que ces dernières.Elles ont même lavantage de jouir dune espèce de certitudemétaphysique , quand même leur principe ne seroit pas vraiou existant dans la nature, pourvu quil nait rien de répugnantà la raison. Ainsi, par exemple, ce q vtArchimède a démontrésur le rapport des poids en équilibre aux extrémités dune ba-lance , rriest exactement vrai que dans la supposition que lesdirections des graves sont parallèles entrelles , ce qui approcheinfiniment de la vérité, à cause de limmense éloignement ducentre de la terre. Ce principe purement hypothétique , et quina pas lieu dans l'ordre présent de l'univers, na pas laissé deconduire le géomètre de Syracuse à la quadrature de la para- >bole. Les découvertes physico - mathématiques de Newton, surla íbrme des orbites que les planètes doivent décrire suivant lesdistérentes lois de lattraction , nen seroient pas moins vraies,quand on démontreroit que cette attraction n'existe point ; ellesseroient alors dans le même cas que les propriétés dun triangleou dun cercle ,. dont aucun nexiste dans létat-de perfection le conçoit lesprit mathématique.

Il suit de ce quon vient de dire sur les Mathématiques mixtes,que leur noitibre ne sauroit être fixe et déterminé comme ce-lui des abstraites. A mesure que la physique acquérant de nou-velles richesses sest assurée de certains faits qui ont pu servirde principes, les premières ont gagné en étendue ; Fillustre Chan-celier Bacon le remarquoit avec cette sagacité qui lui faisoitprévoir le sort à venifdes connoissances humaines. TìoutBhysica ,dit-il, (x) majora in dics increnienta capìet , & nova axio-mata e duc et , eo Mathematicae novâ o perd in mullis indigebit& pi ure s dcmhmjìent Mathematicae mixtae.

On ne doit donc pas sétonner que les Mathématiques mixtesnaient fait que des progrès lents et peu assurés parmi les An-ciens, tandis que les abstraites saccrurent rapidement chez euxdun grand nombre de découvertes. Lesprit humain na quàrentrer en lui-même pour avancer dans celles-ci, mais les autresdemandent une marche presque contraire; elles exigent desamas de faits, dobservations : et ce sutlàlécueil de lAntiquité.En général on y observà trop peu ; on donna trop au raison-nement et à la métaphysique, tandis quil ne falloit encore

(i) Dc 4 Ufminto scient, lib. 3, cap. 6.