DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Iav. III. i3il’octave, ne pouvant âtre à l’unisson? Pythagore voulut doncque les deux extrémités des deux tétracordes formassent entreelles cette consonnance , la plus parfaite de toutes. Un son sur-ajouté en-dessus on en dessous n’aiuoit pas rempli son objet;car ilfalloit deux tétracordes semblables, suivant les idées adop-tées. 11 prit donc le parti de mettre un ton entre l’un et l'antre,au lieu qu’ils avoient un son commun ; et alors son échelleeut cette forme, mi, fa, sol, lasi, ut, re, mi. Elle est,comme la n âtre , une espèce de chant dans le ton d 'ut-, mais aulieu que la nôtre se repose sur la tonique ut, celle-ci se reposesur sa tierce majeure; désinence que nous remarquerons ailleursavoir été familière aux Grecs , comme elle l’est dans notre plain-cliant.
Dans la suite , lorsqu'on s’avisa de faire des chants ou desairs pour la Ivre plus étendus, on augmenta encore le nombredes cordes. Nicornaque attribue à Pkeophraste de Pierie l’addi-tion d’une neuvième, celle d’une dixième kHistiëe de Colophone ;cela se fit apparemment à Athènes ou à Thèhes, car les La-cédémoniens n’enteruloient pas raillerie sur ce point; Tfymothéede Milet s’étant avisé chez eux d’innover sur cet article inté-ressant , fut gravement puni. Le décret clos Ephores contre cemusicien nous a été transmis par Boë.ce. Pour avoir voulu ajouterquatre nouvelles cordes auxseptdont la lyre antique étoit composée,il fut réprimandé publiquement, obligé de rompre lui-môme dansl’assemblée du peuple les cordes superflues de son instrument,í|ui íut en cet état suspendu, comme monument de sa punition,dans un lieu public. On dit communément qu’ii éprouva cedésagrément, pour avoir ajouté une seule corde aux anciennes,mais on est dans l’errcur ; le décret qui nous a été transmispar Boèce, ct d’après lui par Scaliger (i ), et qui porte le ca-ractère singulier du dialecte spartiate, parle de quatre cordes.On lui imputait néanmoins dans ce décret d’antres crimes,comme celui d’avoir violé lc secret des mystères d’ Eleusis. Nousajouterons que Terparulre, l’émule u’ Orphée, a volt déja éprouvéquelque chose de semblable.
T'wiolhce ne fut môme pas le seul des musiciens grecs, à quiles sévères Spartiates firent l’affront de couper quelques cordeslie leur lyre. Plutarque nous raconte encore, que l’Ephore Eme-rèpes coupa deux cordes de celle du musicien P/irynis , enlui disant : ne corromps pas la musique de nos pères. II est fâ-cheux que les musiciens de notre ancien opéra n’ayent pas étéassez instruits pour connoîtrc ces traits. Car sans doute ils les
(i) Notue in Sph. Barburicam , à la suite de son édition de Alan’ilius,p. 426 , édit. de 1600.