DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liy. IÏI. 191
En efFet Strabon (1) nons apprend, sur le rapport d ’Hip-parque , qu’il y avoit à Byzance, le xnêrne rapport entre legnomon et son ombre solsticiale , que celui que pythéas avoitobservé à Marseille ; ct un peu plus loin il dit qu’on 1 avoittrouvé à Byzance de 120 à 4 ì~, ou en nombres entiers de600 à 209. Deià on conclut que l’astronome Marseillois avoitobservé chez lui ce même rapport ; d’où , après les déductionsnécessaires pour le demi-diamètre apparent du soleil et la réfrac-tion , on tire la hauteur du centre de cet astre au solstice d’été,de 70°, 3 i / , 36". Mais la hauteur de l’équateur est à Mar-seille de 46°, 42', et quelques secondes; il reste par consé-quent pour l’inclinaison de l’écliptique au temps de Pythéas,20° , 49/ , et quelques secondes. Elle n'est aujourd’hui quede 2.3°, 28/ , 3 o" environ; ainsi, dit-on, la diminution estapparente, et elle est d’environ une minute par siècle. M. deLcmville n’a rien omis pour donner à cé raisonnement la plusglande force , et il faut convenir qu'il seroit décisif, si l’onetoit assuré que Pythéas eût observé avec une grande exac-titude. 11 le prétend sur ce que ces -fcde parties indiquent unsoin particulier, et prouvent qu’on n’y négligea pas les pluspetites fractions. Mais à bien apprécier cette raison, elle n’estpas de grand poids. En effet elle prouveroit anssi que Inob-servation de ceux qui trouvèrent à Byzance le même rapport,fut très exacte. Bien moins cependant que cela : il est certainqu’ils se trempoient grossièrement ; car Byzance, aujourd’huiConstantinople, et Marseille ne sont pas sous le même paral-lèle : que dis-je? ces villes diffèrent en latitude de près de deuxdegrés. Quoi qu’il en soit, au reste, de l’observation de Pythéas ,la diminution de l’obliquité de l’écliptique est un fait aujour-d’hui constaté.
Pythéas , au rapport d Pììpparque (2), apprit aux Grecsque l’étoile polaire n’étoit pas au pôle même, mais qu’avec troisautres et voisines, elle formoit un quadrilatère ou carré, dontle pôle étoit le centre ; eníin P y thé as parent, cf’après P-ìutarqueet Pline , être le premier qui ait reconnu la liaison du phéno-mène des marées avec le mouvement de la lune. II est vraique Pline ou ceux d'après lesquels il écrivoit, ont vraisem-blablement mal rendu son idée, en lui faisant dire que la pleinelune produisoit le flux, et la nouvelle le reflux. Car il n'avoitpu lui échapper dans un si long voyage, que le flux et le refluxavoient lieu chacun deux fois par jour, ou dans environ 24kv Ue n’est pas le seul exemple de sentimens d anciens plrilo-
(1) Geoff. 1. 5.
(i) Ib id,