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Tome premier.
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3 7 8 HISTOIRE

On trouve dans Boëce quelque chose de plus séduisant ertfaveur des Grecs ( 1 ). 11 dit que quelques Pythagoriciens inven-tèrent , pour désigner les nombres, des notes particulières qu ilsnommèrent apices ou caractères. De là il passe à expliquer lamanière dont on les employé ; et à travers l’obscurité de sonexplication , on ne peut y méconnoître notre arithmétique mo-derne. II y a plus : divers manuscrits de cet ancien auteur nousoffrent des caractères numériques qui approchent beaucoupdes nôtres, et don t quelques-uns sont absolument semblables.M. Ward nous a communiqué ceux qu’il a trouvés dans unbeau manuscrit appartenant au D. Mead. (z). On les volt dansla planche XI , n°. 1 .

Cet endroit de Boëce a paru ù plusieurs savans , et entr’autresà M. Weitller ( ó), une íorte preuve que nos chiílfes ne lurentpoint inconnus aux Grecs. Quelques auteurs ont. cru l’éluder,en disant qu’il est fort dilïicile de juger de l’âge d un manuscrit,et que ceux sur lesquels on se fonde , ne sont peut - être pasantérieurs au douzième on au treizième siècle. Or, en le sup-posant, il ne doit plus paroîíre surprenant d'y trouver nos chiffresou des caractères fort resserrrblans. Car cîest vers ce temps quecelte invention commença à s’introduire dans nos contrées ; elley avoit même été apportée, vers la lin du dixième siècle , parGerbert. Ainsi il a pu arriver que des copistes ay en t substituéces caractères h ceux qu’ils voy oient dans les manuscrits deBoccc, qu’ils transcrivoient}. cela même abrégeoit leur besogne.

Ce que l’on dit sur l’antiquité de ces manuscrits est vraisem-blable ; et je ne trouve pas que , malgré ses elforts, M. Weidlerait'bien solidement prouvé qu’ils en avoient une plus grandeque du douzième ou treizième siècle. Mais on peut répliquerque ce dénouement n’est point suflisant. U faudroit, pour dé-truire l’induction de ce passage de Boëce, supposer qu’il a étéajoute dans le douzième ou treizième siècle; car, en le re-conn vissant pom l’ouvrage de Boëce même, ouest forcé de con-venir que le principe de notre arithmétique moderne étoit Connude son temps. Or qui pourra se persuader que tous les ma-nuscrits sans exception de cet auteur, ayent été altérés de cettemanière? Voici donc quelques autres conjectures sur ce sujet.

Les Indiens sont si attachés à leurs usages, et montrent tantd’éloignemeiit à adopter aucun de ceux des étrangers , qu’ilfaut, à mon avis, les regarder comme les inventeurs de notrearithmétique , puisqu ils en, sont en possession depuis si long-

(i) Geont. lib. i. eorum aetate. Diss. Math . criticc j.

(») Trans. Philosoph. ann. 173?. Vitteb. 1747, in- 4 0 "

{'j j a e caract. nu.jier. vu/garibus ct