Band 
Tome premier.
Seite
484
JPEG-Download
 

484 HISTOIRE

tination; cela n’étoit pas étonnant, attendu que la latitude deCalane étoit considérablerhent moindre que celle de Rome, etque probablement le consul Messala , ])lus guerrier qu’instruit,avoit fait placer son cadran précisément comme il étoit àCatane. Cependant, ajoute Pline, on s’en contenta encore pen-dant 99 ans, jusqu’à ce qu’enfin le consul Martins Philippus ,vers lan de Rome £90, en íit tracer un plus exact, qui futprobablement Pouvrage de quelque Grec, car les armées ro-maines avoient déjà pénétré dans la Grèce. On lui en sut beau-coup de gré; mais il restoit à avoir un moyen de connoîtreles heures dans un temps nébuleux et pendant la nuit. Ce futà Scipion Nasica que les Romains en eurent l’obligatìon environun siècle après. Ce personnage célèbre íit faire une clepsidrepour suppléer à l horloge solaire ( 1 ) : ce fut sans doute aussiPouvrage de quelque Grec; car Héron et Ctésibius qui vivoientsous les premiers Ptoléinées, étoient les inventeurs de cette in-génieuse machine.

Une invention si commode, je veux dire, celle des cadranssolaires me pouvoit manquer de se répandre rapidement. Aussivoit on que dès le teinps de Piaule, ils étoient fort communs.Ce comique en fait le sujet d’une plaisanterie sur les parasiteset les gourmands. II introduisoit l’un d’eux dans une de sespièces, dont il ne nous est parvenu qu’un fragment rapportépar Aulugelle. Le parasite s’y plaint amèrement de cette inven-tion détestable : «jadis, dit-il, on mangeoit quand on avoit„ faim ; l’estomac de chacun étoit son cadran ; aujourd’hui» l’on ne mange . que quand il plaît au Soleil».

Le premier des Romains qui ait eu quelque connoissanceapprofondie de Pastronomie, est C. Snlpitius Gai lus. Il cul-tiva cette science avec une ardeur extrême, à en juger parce que Cicéron fait dire à Caton dans son traité, de la vieillesse;et il se faisoit un grand plaisir d’annoncer à ses amis leséclipses à venir ; ce qui le fit admirer de ses compatriotes. Sonhabileté avoit servi la république dans une occasion impor-tante (2). La nuit qui précéda le jour, où Paul Emile défitPersée, il devoit y avoir une éclipse de Lune. Galius Pan non çaaux soldats Romains, et leur en ayant expliqué les causes, ildissipa la frayeur que ce phénomène imprévu auroit jeté dansleur esprit. Cette éclipse arriva, suivant Riccioli, le matin d»4 septembre de Pan 168 avant J. C.

On ne connoît depuis Sulpilius Galius , jusqu’aux dernierstemps de la république,-aucun Romain qui ait cultivé l’étude

(0 n, id.

(î) Tite-Live, l. 44.