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Tome premier.
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486
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486 HISTOIRE

et le mouvement tlu Soleil pendant l’année. II avoit de hau-teur 70 de nos pieds, et son ombre se projetoit à midi surune ligne horizontale, qui étoit marquée par des lames debronze incrustées dans de la pierre, et qui portoit les divi-sions. Le mathématicien Manlius, qui dirigea cet ouvrage,termina l’obélisque par un globe , non pour lui donner de laressemblance avec la ligure humaine, comme le dit Pline sou-vent peu heureux dans ses conjectures, niais alìn que le som-met de Tobélisque étant censé au centre de ce globe, le mi-lieu de l’ombre qu’il projetteroit, désignât la hauteur du centredu Soleil. Manlius chercha à prévenir par-lù Tinconvénientnuquel les autres Gnomons étoient sujets, savoir de ne don-ner par l’ombre forte, qui est la seule dont on puisse déter-miner les limites, que la hauteur du bord supérieur de cetastre. Une attention aussi hue, et qu’il est difficile de mécon-noître dans cette construction, lui fait honneur. Mais ce mo-nument fut de peu de durée, et il y avoit do ans, au tempsde Pline , qu’il ne remplissoit plus sa destination. Cet histo-rien en soupçonne trois causes ( 1 ), comme un changementde cours dans le Soleil, un déplacement de la terre, ou l’af-faissement de la base de Tobélisque ; mais il eût montré plusde discernement à accumuler moins de conjectures, et à s’entenir à la dernière qui est la seule vraisemblable.

Le calendrier institué par Jules César eut besoin , au tempsd’Auguste, d'une espèce de correction dont Pline n'a pas plusheureusement démêlé le motif. Les Pontifes préposés à la di-rection du calendrier, avoient mal entendu ce que Jules Césaravoit ordonné, savoir d’intercaler un jour après chaque qua-trième année révolue, et ils avoient intercalé à chaque qua-trième année commençante, c’est-àdire, de trois en trois ans.Ce désordre avoit déja duré 36 ans , et l’équinoxe commen-çoit à arriver trois jours plutôt qu’il ne falloit. Auguste litapparemment examiner par d’habites gens la cause de ce dé-sordre, et sur le rapport qu’on lui en lit, il ordonna que Tonn’intercaleroit point de 12 ans, et q u'en suite on ne le feroitqu’à la fin de la quatrième année. Pline en a inféré que leSoleil avoit accéléré son cours durant ce temps-là. Mais qu’ilme soit permis de le dire, cette conjecture et celles que j'airapportées un peu auparavant, doivent donner une idée peuavantageuse de son intelligence dans ces matières.

C’est vers cette époque que vivoit Manilius, l’auteur du poèmelatin, intitulé Astronomicon , en cinq livres. Elle est positive-ment fixée par quelques vers de son premier livre, où il dé-

(1) Hist. Nat. 1 . 36, cap. 10.