DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Eir. I. 5i 7ct là ayant appris la propriété de l'aimant, il en aura instimtses compatriotes à son retour.
L’invenlion de la boussole est si mémorable, que l’on nedoit point s’étonner que les nations s’en soient disputé l’hon-neur. Les François ont allégué pour eux la connoissance an-cienne que fournissent deux de leurs écrivains , de la pro-priété directive de l'aimant. Ce sont en effet deux François,Guyot de Provins et Vincent de Beau vais, chez qui nous entrouvons les plus anciennes traces. Ils ont aussi prétendu quela coutume de se servir, dans la rose des vents, d’une Heurde lis, pour diriger le nord, prouve que les premières bous-soles ont été faites en France , et qu’on les a ensuite imitéesailleurs. On en a aussi voulu tirer une preuve , du nom decalamita que porte l’aimant chez les Italiens , nom qui paroîtvenir de celui de calamite, qui en ancien François signifioitune petite grenouille , à laquelle on compare l’aimant na-geant sur Peau, comme on le mettoit autrefois avant que desuspendre l’aiguille sur un pivot. LeS Anglois prétendent à lagloire de l’invention , et ils disent pour eux que le mot deboussole, dont se servent les autres nations, vient du motanglois boxe!, , boîte. Un savant d’Allemagne ( 1 ), qui apris des peines extrêmes pour revendiquer à sa patrie quan-tité de découvertes , a voulu lui faire honneur de celle-ci ,sur le fondement que les noms de vents qui sont inscrits surla rose , sont allemands. Je laisse au lecteur à peser ces rai-sons qui me paraissent peu solides. On peut concevoir facile-ment que diverses nations ayent successivement perfectionnéla boussole. L’Italien suspendit l’aiguille sur son pivot, et peut-être en resta-là. L’Anglois imagina la suspension de la boîteoù l’aiguille est contenue. Les noms des rumbs de vents ontété dérivés dans l’Océan, de la langue qui fournissoit le plusde monosyllabes pour désigner les points cardinaux , alin depouvoir plus facilement eu composer les noms des rumbsmoyens. La langue Allemande ou Angloise s’est trouvée jouirde cet avantage ; et c’est ce qui a fait donner aux vents lesnoms qu ils portent aujourd’hui.
I X.
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C’est de l’invention de la bonssole que le quatorzième siècletire son principal lustre. Cependant nous ne devons pas passer*ous silence les divers mathématiciens, et sur-tout astronomes,
(') Goropius Becanus •