5 -3 HISTOIRE
L’exemple de Ramus fut imité par M. cîe Candalle , évêqued’Aire. Ce prélat géomètre fonda à Bordeaux une chaire degéométrie; et comme il s’étoit beaucoup adonné à la théoriedes corps réguliers , il voulut qu’on ne pût être admis auconcours qu’autant qu’on auroit trouvé quelque chose de nou-veau sur ces corps. Cette loi étoit encore en vigueur au com-mencement de ce siècle; car l’académie des sciences fut enijo'ò prise pour juge d’une contestation élevée à ce sujet entredeux concurrens. On doit à M. de Candalle /deux éditions desEléinens d’Euclide, augmentés de trois livres sur les corps ré-guliers et certains autres, qu’il nomme régulièrement irrégnlicrs.Ces derniers qui avoient aussi fort occupé Hermolao Barbaro,patriarche d’Aquilée, ne méritoient peut-être pas tant cl'atten-tion de leur part. Je dis peut-être ; car malgré l’inotilité ap-parente de ces spéculations, qui peut dire en géométrie qu’unevérité est absolument inutile ?
Le célèbre M. Viète fleurissoit en France vers la íin dumême siècle. Ce fut un homme d’une classe bien supérieureà celle de ses autres compatriotes, qui coururent la même car-rière. L’analyse algébrique lui doit de nombreuses découvertes,que nous remettons à faire connoître à la íin de ce livre. IIn’etoit pas moins profond dans la géométrie ancienne. Unproblème assez difficile, qu’il avoit proposé aux mathématiciensde son temps , lui donna occasion de restituer un ouvraged’Apollonius qui étoit perdu , savoir celui de Tactionibus.Nous en avons fait l’histoire en parlant de cet ancien géomè-tre , et noas y renvoyons. Viète poussa le premier jusqu’à11 décimales le rapport approché du diamètre du cercle à lacirconférence. II détermina par des formules analytiques lesrapports des cordes des arcs multiples ou sous- multiples , etil construisit sur ce principe des tables trigonométriques, qu’ilpublia sous le nom de Canon Matheniaticus , ( Paris. 1679 , f. )dont nous parlerons un peu plus lpin.
Les œuvres de Viète ont été recueillies en 16^6, ( in-f. )par Schotten, à l’exception de son Canon Matheniaticus. 11faut convenir qu’à l’exception de ce qui a trait à la géomé-trie ancienne , le reste est aujourd’hui presque illisible, tantle style analytique a changé , et tant Viète, trop familiarisé avecle grec, y avoit introduit de dénominations nouvelles, quin’ont pas été adoptées. Parmi ceux de géométrie ancienne, on.y lit son Apollonius Gallus , seu ApoJlonìi Geometrìa deTactionibus restiluta, qui est un modèle exquis d’élégancegéométrique. On y trouve aussi une partie intitulée : Responso-rum mathématie orum Liber VU L , qui. fait Regretter , par cequ’il contient , que les autres soient perdus. II avoit fortementréfuté la prétendue quadrature du cercle donnée par Joseph