62,8 HISTOIRE
piré , ou Copernic ayant communiqtié ses idées à des amisintelligens et sans prévention , le cardinal Schoenberg Pexhortafortement à ne pas cacher plus long-temps ce trésor au mondesavant. Sur ces entrefaites Rheticus , professeur de Vittein-berg, attiré par la réputation de Copernic, vint se ranger sousses instructions , et lui offrir ses secours pour donner la der-nière main à son ouvrage. Alors Copernic ne différa plus à lemettre au jour. II parut en i543 , sous le titre de Revolulionî-btis Celestibus , en six livres , dans lesquels ce grand hommefonde, d’après son hypothèse , un corps d’astronomie complet,comme Ptoléinée avoit fait d’après celle qu’il avoit adoptée.
C’est ici le lieu de dire quelques mots d’un contemporain deCopernic, et qui pourroit paroître l avoir devancé dans sesidées sur le mouvement de la terre. C’est Celio Calcagnini ,professeur de littérature , à Ferrare, dont on a un écrit inti-tulé : quod caelum stet et terra rnoveatur. On le trouve dansle recueil posthume de ses œuvres, imprimé à Râle, en i544>Leur auteur étoìt mort en i54i ; mais en admettant que cetécrit ait eu une publicité antérieure à celle de l’ouvrage deCopernic , on n’en peut rien conclure contre lui : car ce n’estqu’une sorte de disputation paradoxale , où l’on établit la pos-sibilité du mouvement de la terre ; il n’y est cl’ailleurs ques-tion que du mouvement autour de son axe, pour satisfaireau mouvement apparent de toute la sphère céleste ; il n’y estnullement question du mouvement de transport de la terredans les espaces éthérés à l'entour du soleil, et c’est-là enquoi consiste vraiment la grande découverte de Copernic , au-quel je reviens après cette courte digression.
J’ai dit q ne ce ne fut pas sans beaucoup de ménagementque Copernic publia son système. Iln’osapas le proposer commeune vérité physique, mais seulement comme une hypothèse parlaquelle il représentoit plus facilement les mouvemens célestes.11 en parle de cette manière dans sa préface adressée à Paul III.« Les astronomes , dit-il , quoique persuadés qu’il n’y a dans,, le ciel aucun des cercles qu’ils y ont imaginés , ne laissent-, pas d’employer des hypothèses fondées sur ces suppositions-, contraires à la nature ; pourquoi ne pourrai je pas supposer-, la terre mobile, s’il en résulte un calcul plus simple des plié--, noinènes „ ? Cependant lorsque dans le cours de son ouvrageil réfute les raisons par lesquelles on prétendoit alors démon-trer l’iinmobilité de la terre , il est facile de voir que ce qu’ilne donnoit que comme une hypothèse , il le regardoit intérieure-ment comme le vrai et Punique arrangement de l’univers.
Copernic n’eut pas le temps d’être témoin de l’effet que sonsystème produiroit dans le inonde savant. Un flux de sang P en-