DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Lit. IV. 67 3dérobée à la vue des astronomes, à la faveur de quelque défautde transparence dans cet endroit du ciel.
De tous les astronomes que frappa l’apparition de ce nouvelastre, Tycho-Brahé fut, sans contredit, celui qui apporta le
E lus de soin à l’observer. II ne l’apperçut pas plutôt, qu’il seâta de déterminer sa position ; et il mesura pour cet effet sadistance, non-seulement aux principales étoiles de Cassiopée,mais encore à quantité d’autres; et il n-sus a consigné sa placeau 3ó° 54' de longitude*, et à la latitude de 53° 45'. Cettedétermination est fondée sur un grand nombre d’observationsqui ne diffèrent qu’insensiblement entr’elles. Elles furent faitesavec un grand secteur, à la construction et à la division duquelil avoit mis un soin particulier ( 1 ).
Tycho rechercha aussi si la nouvelle étoile avoit quelqueparallaxe , connoissance nécessaire pour déterminer à-peu-prèssa place dans l’Univers. Sa position en fournissoit un moyencommode ; car dans sa plus grande hauteur elle passoit seule-ment à environ io° du zénith, où la parallaxe est insensible,et dans sa plus petite hauteur, elle étoit à environ 20 degrésde l’horizon, situation où sa parallaxe , si elle en avoit quel-qu’une, devenoit très-apparente. Mais observée dans ces deuxpositions , cette étoile n’éprouva aucune variation d’aspect ;et sa distance aux mêmes étoiles, mesurée avec tout le soinpossible , fut la même dans ces différentes hauteurs. Tychoremarque encore en faveur de ces observations, qu’elles furentfaites à plusieurs reprises, et sans déranger l’ouverture de sonsecteur. De ces faits il est facile de conclure que l’étoile n’avoitaucune parallaxe sensible, et qu’elle étoit au-delà de l’orbitede la lune. Tout cela est établi avec beaucoup d’appareil dansle traité que Tycho en a donné.
Cette vérité est aussi confirmée par le témoignage presqu’una-nime de tous les autres observateurs exacts. Paul Hainzelius ,sénateur d’Augsbourg, prenant l’éloignement de l’étoile aupôle , dans sa moindre et dans sa plus grande hauteur, avecun très grand quart de cercle, trouva qu’il étoit le même.Mœstlin , dont Tycho Brahé fait grand cas, établit aussi cefait avec autant d’évidence que de simplicité. Apparemmentdestitué d’instrnmens propres à observer, cet astronome cher-cha à déterminer le lieu du nouvel astre , en remarquant, parJe moyen d’un filet roidi, avec quelles étoiles il étoit en lignedroite. II trouva que c’etoient les mêmes, soit vers le zénith,soit près de l’horizon. Ce fut enfin le sentiment de Thadœus
(0 Progymn. p. 336, etc.
Tome 1.
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