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Tome premier.
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690 HISTOIRE

que l’on jette continue/t-elle à se mouvoir long-temps après,avoir été lâchée? c’est, disoic-on avec Aristote, que i’air quila suit par derrière continue à lui imprimer du mouvement.On étoit encore loin de soupçonner que tout mouvement étoitde sa nature rectiligne, et qu’il se perpétueroit dans la mêmedirection et avec la même vitesse , si aucun obstacle ne s’yopposoit. «Ainsi il y avoit des mouvemens circulaires de leurnature, et c’étoient, suivant la doctrine d’Aiistote, les seulsinaltérables ; il y avoit des mouvemens rectilignes qui étoientl’eífet d’un certain appetitus de certains corps à se réunir aucentre de l'Univers, ou à le fuir ; ce qui fonnoit la pesan-teur ou la légèreté. On divisoit aussi les mouvemens en natu-rels et vìolens : les premiers étoient de l’essence des corps ,comme le mouvement circulaire des astres, et celui des corpsgraves ; les autres étoient des qualités si contraires à la naturedes corps , qu’ils ne pouvoient pas subsister long-temps sansune application continuelle de la force motrice. Une pierrequ'on jette étoit dans ce cas. Tel est à-peu-près le précis dela physique ancienne, ét de celle du seizième siècle sur lemouvement.

Les traits suivans montrent combien la théorie de la sta-tique étoit encore foible dans le même temps. Cardan examine,dans son traité de Ponderibus et Mensuris , quelle est la forcenécessaire pour soutenir un poids sur un plan incliné, et illa fait proportionnelle à l’angle que le plan forme avec 1 ho-rizon. II se fondoit sur cette raison, savoir que lorsque cetangle est nul, c’est-à-dire, quand le plan est horisontal, ilne faut aucune force pour soutenir le poids, et qu’elle lui estégale quand l’angle est droit. Mais les mathématiques ne secontentent pas de ces raisonnemens vagues, et Tailleurs Cardanauroít dû appercevoir que le sinus de l’inclinaison ,est aussizéro quand le plan est horizontal, et qu’il est égal au rayonlorsque le plan est vertical. Cette remarque lui eût appris quela force qui COiître-balance un poids sur un plan incliné, pou-voit être aussi proportionnelle au sinus de rinclinaison, etc’est ce dernier rapport qui est le véritable.

Une autre question qui fut agitée avec chaleur parmi lesmécaniciens de ce temps, est celle de savoir ce qui arriveroità une balance à bras égaux, et chargée de poids égaux, cju’onauroit tirée de la situation horizontale. Y retournera-t-elle d’elle-même, ou restera-1-elle dans cette nouvelle position? On futpartagé sur cette question. Jordanus Nernorarius, mathémati-cien du treizième siècle, avoit décidé, dans son livre de Pou-derositnte , que la balance reprendroit la situation parallèle àl’horizon ; et ce íut le sentiment qu’adoptèrent Cardan, Tartalea,