10 HISTOIRE
Mais Kepler étoit dans Terreur en cela , et nous allons dé-velopper ici une anecdote assez curieuse sur ce sujet.
Malgré ce que Kepler avoit dit sur J. Byrge, on savoit néan-moins par le témoignage de Benjamin Bramer , qu’il avoitpublié quelque chose de relatif aux logarithmes. En effet ,Benjamin Bramer , auteur d’nn ouvrage Allemand , dont letitre rendu en François est : Description d’un instrument fortcommode pour la perspective et pour lever les pians ( Cas-sel, 1600 , in-f. ) , y dit formellement : « C’est sur ces prin-» cipes que mon cher beau frère et maître Juste Byrge , a« calculé , il y a vihgt ans et davantage, une belle table desprogressions, avec leurs différences de ,o en 10, calculé, s à» neuf chiffres, qu’il a aussi fait imprimer sans texte à Prague,» en 1620, de sorte que l’invention des logarithmes n’est pas» de Neper , mais a été faite par Juste Byrge long - temps» avant.» L’ouvrage néanmoins de ce géomètre ne se trou-voit nulle part, et peut être ne se seroit jamais retrouvé, siM. Koestner n’eût pas été conduit par ce passage , à le recon-noître dans des tables qu'il avoit achetées parmi d’autresvieux ouvrages mathématiques, et qu’il avoit négligées jusqu’a-lors. Elles sont intitulées.: J. />. Arithmetische and geometri.se keprogresse Fabul n , exe. c’est-à-dire : Fables progressives arith-métiques et géométriques , avec un instruction sur la ma-nière de les comprendre et de les employer dans toute sortede calculs , par J. B. ( Just Byrge ) , imprimées dans la vieillePrague , 1620. Ces Tables sont sur sept feuilles et demi in-f.d’impression-, maisl’instruction annoncée par le titre y manque,ce qui donne lieu de conjecturer que quelques circonstances parti-culières empêchèrent la continuation de cet ouvrage j et eneffet, on lit, dans un autre ouvrage de Bramer, que Juste Byrgeavoit projette de publier ensemble plusieurs de ses inventions,et que dans cette vue il avoit fait graver son portrait en 1619 ,mais que la malheureuse guerre de do ans, qui désola, commeon sait, l Allemagne, mit obstacle à son dessein. Cet ouvragedevoit probablement faire parlie d’un autre qu il avoit toutprêt, savoir des tables de sinus, ca'cnlées de 2 en 2 secondes.Mais revenons aux tables de logarithmes de J. Bvrge.
M. Koestner nous apprend quelles n’étoient pas de la formedes nôtres. Dans celles-ci, les nombres y croissent arithméti-quement, pour avoir les nombres naturels, auxquels sont accolésleurs logarithmes correspondans ; dans celles de Byrge, cesont les logarithmes qui croissent arithmétiquement de 10 en10 \ ils sont imprimes en rouge , et à côté sont imprimésen noir les nombres naturels exprimés en 9 chiffres. On