12 HISTOIRE
çìc cette date de 1620, que son beau-f'rère avoit fait cette dé-couverte long-temps avant Neper ? On sait bien que la dated’une invention , qui a exigé beaucoup de calculs, est nécessai-rement antérieure à celle de sa publication. Mais on peut direégalement que l’invention de Neper existoit dans sa têteplusieurs années avant celle où il la publia , et même, en jus-tice réglée, Byrge perdroit son procès ; car , à la rigueur, unedate antérieure de six ans a pu donner le moyen de con-noître une découverte et de la déguiser sous une autre forme.Contentons nous donc d’associer , de loin et à certains égards,Juste Byrge à l’honncur de cette ingénieuse invention $ maisla gloire en appartiendra toujours à Neper.
Nous dirons encore ici quelques mots de J. Byrge. II futlong-temps attaché à l’observatoire qu’avoit élevé le fameuxLandgrave de Hesse-Cassel , Guillaume IV , et il y vaquoit àl’observation , et à la construction des instrumens , tant as-tronomiques que géométriques de ce prince. II paroît qu’apresla mort du Landgrave, il se retira à Prague *, mais il retournaà Cassel en i 63 a, et il y mourut, au rapport de Bramer,en 1600.
Quant à Bramer, c’étoit un ingénieux et habile géomètre. On ade lui fin traité de sections coniques , intitulé : ApolloniusCattus , qui fait partie d'un ouvrage plus considérable, danslequel il développe quelques inventions ingénieuses de géo-métrie-pratique.
A l’occasion de Juste Byrge, je remarquerai en passant,.ce qui intéressera peut-être quelques personnes, qu’on le re-garde aussi communément comme l’inventeur de cet instru-ment, sur lequel tant d’auteurs élémentaires de géométrie ontécrit, et qu’on appelle le compas deporportion. Levinus Hul-sins semble le lui attribuer expressément dans un ouvrage ,imprimé en i 6 o 5 , qui contient trois petits traités relatifs à lagéodésie ou à la géométrie-pratìque , et qu’on cité communé-ment sous le titre de L. Hulsìi tractatus tres ad geodesiamspectantes , titre forgé et qui n existe point à la tête du livre ;car chaque traité y porte seulement son titre particulier. Ceciest au surplus assez indiffèrent : mais nous remarquerons queceux qui attribuent le compas de proportion à J. Byrge, etqui s autorisent du témoignage de Levinus îïulsius , u ont ja-mais vu cet ouvrage : car s’ils l’avoient vu ils auroient reconnuque le compas de proportion de Byrge est tout autre choseque celui auquel nous donnons ce nom. Côtoient deux règlesgarnies de pointes à leurs extrémités, et tournant en forme decroix sur une charnière mobile , qui , avancée ou reculée ,donnoit aux branches de ce compas des rapports dif'f’érens