DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. II. io5
I I.
Oa a exposé dans un des livres précédens les diverses in-ventions dont le célèbre Viète enrichit l’analyse ; on y a vules méthodes qu’il imagina pour la résolution des équations d utroisième degré , la construction ingénieuse qu’il en donna parle moyen des deux moyennes proportionnelles , ou de la tri-section de l’angle , la décomposition des équations du quatrièmedegré par le moyen de celles du troisième , la formation despuissances , le commencement enfin de l’analyse des Equationssi vivement revendiquée à Harriot par Wallis. Tel étoit l’étatde l’analyse au commencement du dix-septième siècle , et oùelle resta assez long temps. La plupart de ceux qui la cultivèrentse bornèrent presque à l’éclaircir , ou à énoncer en d’autrestermes ce que Viète avoit enseigné. Nous distinguerons cepen-dant parmi ces analystes, Guillaume Ougthreu, dont on aquelques ouvrages estimables dans ce genre , ct qui ont étépendant assez de temps regardés comme classiques dans lesuniversités angloises. 11 développa davantage Inapplication del’anaìyse aux problèmes géométriques, la construction des équa-tions , la formation des puissances, les formules pour les sectionsangulaires, <Scc, Mais la plupart de ces choses ne passent guòresce qu’on pourroit nommer l’analyse élémentaire , ou ce qu’ontenoit déjà de Viète. C’est pourquoi il seroit inutile de nous yarrêter davantage. Nous remarquerons seulement qu’Ougthred,né en i 5 j'ò , mourut, en 1660 d’un transport de joie, en ap-prenant la résolution prise par le parlement , de rappelerCharles II. Outre sa ( lavis geometríca , on a de lui diversouvrages publiés en divers,temps, et qui rassemblés pour laplupart , ont été imprimés sous le titre d ' Qpuscula en 1667 ,et réimprimés plusieurs fois.
C’est à Harriot que l’analyse doit les premiers progrès qu’ellefit an delà de ceux que Viète lui avoit procurés le siècle pré-cédent. Ou lui est redevable de 1 importante découverte de lanature et de la formation des équations , découverte ébauchéepar Viète , et qu’il développa avec beaucoup de sagacité. L’ou-vrage dans lequel il l’expose est intitulé : Artis analyticaepraxis,et parut à Londres en i63i , dix ans après la mort de son auteur.II entre dans notre plan de donner le précis de ce qu’il contientde plus remarquable , après avoir dit quelques mots sur cethomme vraiment recommandable dans l’Histoire des mathé-matiques.
Thomas Harriot naquit à Oxford en i56o. Après y avoir prisle grade de maître ès arts en 1^79 , il accompagna le fameuxTome II. O