DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. III. 191fibre oppose à la rupture sera donc comme le quarrç du levier
E ar lequel elle agit ; ainsi au lieu du centre de gravité de laase de rupture qui sert , dans l’hypothèse de Galilée , à déter-miner le rapport de la résistance oblique à la directe , il faudraici se servir de celui de l’onglet cylindrique formé sur cette basepar le plau passant par la ligne d’appui. Suivant l’hypotbèse deGalilée , la résistance oblique d’une poutre rectangulaire est àsa résistance directe comme 1 à 2 ; suivant celle de M. Mariotteelle n’en est que le tiers, ce qui est plus conforme à la vérité ;M. Varignon a traité cette matière avec une généralité tres-sa tisfaisa n te , dans un mémoire inséré parmi ceux de l’académiede l’année 1702 ; mais je passe , aíin d’abréger sur quantité dedétails de cette théorie , et je renvoie aux écrits de divers géo-mètres qui s’en sont occupés , tels que le traité d’AlexandreMarchetti , de resistentia solidorum ; les mémoires de l’aca-dérnie des sciences des années 1702, 170 5 , 1709 ; le mouve-ment des eaux de Picard ; le traité de coherentia corporumde Muschenbroeck, inséré parmi ses dissertation.es variae. Cettedissertation contient un grand nombre d’expériences sur larésistance des corps. Je termine cet article par quelques obser-vations générales sur cette partie des découvertes de Galilée'.
Lorsque l’on réfléchit à la manière dont Galilée applique lagéométrie à la physique , et surtout à la démonstration de la loide la chute accéléré des graves , on ne peut y méconnaître la clefde toutes les découvertes des géornètn s modernes , sur les mou-vemens variés selon une loi quelconque; on ne peut non pluss’empêcher d’y reconnaître q ne Galilée étoit en possession deslois fondamentales du mouvement : je veux dire de celles ci ;qu’un corps en repos y reste tant q u'il n’en est pas tiré parquelque cause extérieure ; qu’il continue son mouvement enligue droite et avec la même vitesse tant qu’il ne reçoit pas unenouvelle impulsion ; que livré à deux impulsions obliques , ilsuit la diagonale du parallélogramme dont les cotés sont commeces impulsions ; car ce sont là les bases sous-entendues de sesdémonstrations. Ainsi Galilée concourt au moins à cet égardavec Descartes , s’il ne le précède. Nous dirons plus , c’est quela solide physique a sur ce sujet plus d’obligation à Galilée qu’àDescartes , et que la manière de raisonner du philosopheflorentin étoit bien plus saine et bien plus propre à amener lagrande révolution que cette science éprouva peu de temps après,que celle du philosophe fr an ç ois , trop porté à chercher dansla métaphysique des principes que l’expérience seule devoitdonner. J’ose même dire que , si quelqu’un mérite le norn deprécurseur de Neuton , c’e.st bien plutôt Galilée que Descartes ;car quoiqu’en disent nos faiseurs d’éloges, couronnés ou non