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Tome second.
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1 9 0 HISTOIRE

nous avons pris pour la mesure de la résistance oblique, afínd’éviter les circonlocutions. Que si l’eífort appliqué au corpspour le rompre étoit plus éloigné , les loix de la Mécanique.apprennent qu’il faudroit le diminuer en même raison.

Galilée tire de sa théorie quelques conséquences que nous nedevons pas omettre ; la première est que des corps semblablesn’ont pas des forces proportionnées à leurs masses pour résisterà leur rupture ; car les masses croissent comme les cubes descôtés semblables ; les résistances , caeteris paribus , ne le fontqu’en raison des quarrés de ces côtés ; d’où il suit qu’il y a unterme de grandeur au-delà duquel un corps se romproit aumoindre choc ajouté à son propre poids, ou par ce poids même,tandis qu’une autre moindre et semblable résistera au sien , etmême à un effort étranger. De là vient , dit Galilée , qu’unemachine qui fait son effet en petit , manque lorsqu’elle estexécutée en grand , et croule sous sa propre masse. La nature ,ajoute-t il , ne sauroit faire des arbres ou des animaux déme-surément grands , sans être exposés à un pareil accident , etc’est pour cela que les plus grands animaux vivent dans unfluide qui leur ôte une partie de leur poids. Nous pourrionsencore remarquer que c’est là la raison pour laquelle de petitsinsectes peuvent , sans danger de fracture , faire des chutes sidémesurées , eu égard à leur taille , tandis que de grands ani-maux , comme l'homme , se blessent souvent en tombant de leurhauteur. Une autre vérité curieuse qui suit de cette théorie ,c’est qu’un cylindre creux , et ayant la même base en super-ficie , résiste davantage que s’il étoit solide. C’est, ce semble,pour cette raison , et pour concilier en même temps la légéretéet la solidité , que la nature a fait creux les os des animaux ,les plumes des oiseaux , et les tiges de plusieurs plantes , &c.Qui croiroit que la géométrie pût avoir tarit d’influence sur ungenre de physique si éloigné d’elle ?

Depuis Galilée on a fait à sa théorie quelque changement dontil nous faut rendre compte; toutes ses conséquences sont justesdans la supposition que la résistance de chaque libre est pro-portionnelle à sa distance au point d’appui. Cela seroit effecti-vement, si ellç rompoit brusquement et sans souffrir auparavantquelque extension ; mais l’on est fondé à penser que ce n’estpas là la vraie hypothèse. 11 est plus vraisemblable, comme l’ont 'remarqué MM. Mariette et Leibnitz , que la force de chaquefibre n’est que proportionnelle au quarré de sa distance au pointd’appui ; car chaque fibre s’étend en même raison que cette dis-tance , et il est reçu comme principe en Mécanique, qu’exceptéles extensions extrêmes, la résistance des ressorts est à peu prèsproportionnelle à leurs extensions. La résistance que chaque