DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. III. 207ont ensuite donné Jieu à des branches intéressantes de cettescience. U harmonie universelle du P. Mersenne , ouvrage im-primé en 16^7 , nous fournit des preuves de ce que nous venonsde dire. On y voit des essais mécaniques de M. Robei val , qiucontiennent des démonstrations fort ingénieuses sur divers pointsde statique ; il y fait usage de ce principe depuis si employé etsi connu, savoir, qu’il y a équilibre entre deux puissances , lors-qu’elles sont en raison réciproque des perpendiculaires tirées dupoint d’appui sur les lignes de direction. Quoique la découvertede ce principe ne paroisse pas d une grande difficulté , il nelaisse pas d’y avoir quelque mérite à l avoir apperçn , d'autantplus qu’il ne parut pas si évident à quelques gens de mérite,comme M. de fermât, qui éleva à son sujet des diliicultésmal fondées. A la vérité , la plupart des discussions méca-niques où entra M. de Fermât montrent qu’il n’étoit pas aussigrand physicien que géomètre. C’est surtout l’idée que fontnaître les prétentions qu’on lit dans son commerce épistolaireavec Roberval , et qui ressemblent fort à celles d’un M. deEeaugrand , auteur d’un ouvrage intitulé Geostatique , dontDescartes ne parle qu’avec pitié , et qui mérite ce jugement.
Le P. Mersenne servit la Mécanique , principalement par ungrand nombre d'expériences , comme sur la résistance des so-lides , sur l’écoulement des fluides et le déchet occasionné parles ajutages, sur les vibrations des corps, et sur une multituded’autres sujets. On les trouve répandues dans son Harmonieuniverselle, et ses divers écrits mécaniques , tels que sesCogitata pfvysìco-mathe/natìca. Par. 1644 , ia-4 0 . On pourroitles appeler un océan d’obst rvations de tonte espèce, parmilesquelles il y en a un grand nombre d’assez puériles. Mersenneexcitoit , comme tout le monde sait, les sa vans par les ques-tions perpétuelles qu’il leur proposoit , et persuadé que la véiiténaît de la dispute, comme la lumière sort du sein du caillouet du fer qui s’entrechoquent , il mettoit souvent ses cnrres-pondans aux prises les uns avec les autres. C’est à ces questionsproposées par Mersenne que nous devons la théorie des centresde percussion ou d’oscillation ; sujet à l’occasion duquel Des-cartes et Roberval se querellèrent fort, saris avoir raison nil’un ni l’autre , du moins, en ce qui concerne les cas les plusdifficiles. Nous voyons aussi par les lettres de Descartes qu’ilfut alors question parmi les mécaniciens françois de la positiondu centre de gravité dans les corps , en supposant les direc-tions des graves convergentes ; de ce qui arriveroit à un corpstombant dans un milieu résistant , sur quoi Descartes fit uneremarque fort juste. Nous nous bornons ici à cette indication,et nous passons à rendre compte des efforts que fit ce philosophe