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trouvons encore des preuves du sentiment de Descartes sur cesujet dans diverses autres lettres. Dans une qui est peu posté-rieure à la publication des Dialogues de Galilée sur le mouve-ment , et qui contient une critique un peu amère, et en plusieurspoints, peu juste de cet ouvrage (1) , Descartes rejette la pré-tendue force du vuide imaginée par le philosophe italien , et ilattribue l’adhérence de deux corps qui se touchent par des sur-faces fort polies, à la seule pesanteur de l’atinosphère qui pèsedessus ; raison qu’il donne encore , quoique d’une manièremoins exclusive , à la suspension de l’eau dans les tuyaux despompes. En lin dans une lettre (2) qui suit de près la précédente,il s’agit de ces arrosoirs qu'o n maintient pleins d’eau en tenantl'ouverture supérieure bouchée. « L’eau ne demeure pas , dit il ,» dans les vaisseaux par la crainte du vuide , mais à cause de lam pesanteur de Pair , &c. » II est encore à propos de remarquerque Descartes revendique dans une de ses lettres ( 3 ) 1 idée de1 expérience de Puy-de-Dôme. Après avoir piié M. de Carcavïde s informer du succès de cette expérience que la renomméelui avoit appris avoir été faite par Pascal : « J'aurois , dit-il ,» droit d'attendre cela de lui plutôt que de vous parce que» c’est moi qui P en ai avisé il y a deux ans , et qui Pai assuré» que , quoique je ne l’eusse pas faite , je ne doutois point du» succès ; mais parce qu’il est ami de M. Roberval qui lait pro-» session de n'être pas le mien , j’ai lieu de croire qu’il en suit» les passions ». En effet quelque grand homme que fût Pascal,il n’étoit pas exempt de cette inlirmité humaine. Nous nepouvons porter aucun jugement bien assuré sur la justice deces plaintes de Descartes , et sur le droit qu’il prétend à l’ex-
S érience dont il s’agit ; mais ce que nous venons de rapporteraprès ses lettres, pourra paroître fort favorable à sa prétention.
V I.
La France déjà rivale de l’Italie , en ce qui concerne les pre-mières découvertes géométriques qui ont commencé à frayerla route aux nouveaux calculs , semble.l avoir été aussi à l’égardde quelques-unes des découvertes mécaniques que nous venonsd’exposer. Vers le temps où Galilée íinissoit sa carrière , diversmathématiciens François cultivoient la mécanique , soit en con-firmant par de nouveaux tours de démonstrations , les véritésdéjà connues , soit en agitapt entre eux diverses questions qui
(1) T. II lett. 91.
(2) Ibid. lett. 94.
(3) T. III. lett. 75.