Ìio HISTOIRE
d’erreurs qui ne mériteroient pas d’être discutées sans la célé-brité de leur auteur.
Descartes établit ses lois du choc des corps , sur deux prin-cipes , l’un~assez séduisant, l’autre trop peu pour que nous nesoyons pas étonnés qu’il ait pu lui en imposer. Le premier deces principes est que dans le choc des corps il reste toujoursla mêine quantité de mouvement ; Descartes appuyé sa préten-tion sur l'idée de l’iimnutahilité divine : Dieu, dit-il, ayantcréé le monde avec une certaine quantité de mouvement qu’ila établie comme le ressort de toutes ;es opérations de la nature,il semble que son immutabilité consiste à en conserver la mêmequantité. D’ailleurs n’y auroit il pas à craindre sans cela que lemonde ne tombât dans une espèce d’engourdisseiuent fatal àtous les êtres. Le second principe employé par Descartes , estque Je corps a une force pour persévérer dans l’état où il est,soit de mouvement , soit de repos. II faut encore remarquerque , suivant ce philosophe , un mouvement dans une direc-tion opposée , n’est point un état contraire ; de sorte que laseule raison de ne pouvoir continuer son mouvement, en estune pour être réfléchi en sens contraire avec la même vitesse.Nous discuterons toutes ces prétentions après avoir rapportéquelques-unes des lois du choc , que Descartes en déduit pourles corps absolument durs, qui sont les seuls qu’il considère.Les voici :
i°. Si deux corps éganx se choquent avec des vitesses égales,ils se réfléchiront en arrière, chacun avec sa vitesse.
a 0 . Si l’un des deux est plus grand que l’autre, et que lesvitesses soient égales, le moindre seul sera réfléchi , et ils ironttous les deux du même côté avec la vitesse qu’ils avoient avantle choc.
3°. Si deux corps égaux et ayant des vitesses inégales en senscontraire, viennent à se choquer, le plus lent sera entraîné,de sorte que leur vitesse commune sera égale à la moitié de lasomme de celles qu’ils avoient avant le choc.
4°. Si l’un des deux corps est en repos , et qu’un autre moindreque lui vienne le frapper , celui ci, dit Descartes , se réfléchirasans lui imprimer aucun mouvement.
5 °. Si un corps en repos est choqué par un plus grand , il ensera entraîné , et ils iront ensemble du même côte , avec unevitesse qui sera à celle du corps choquant , comme la masse decelui-ci à la somme des masses de l’un et de l’autre. Le corpsen repos ayant i de masse, et l’autre % , leur vitesse communeaprès le choc sera les ~ de celle du corps choquant. Cette règleest la seule où Descartes ait rencontré la vérité ; je passe les