DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 227qu’ils éprouveront dans cet oeil , sera suffisant pour les faireconverger et se réunir précisément sur la rétine ; l’art suppléeà cette disposition de la nature ou de l’objet , par le moyen d’unverre convexe. Ce verre rendant les rayons émanés des objetsmoins divergcns ou parallèles , les rend propres à se réunir pré-cisément sur la rétine, et voilà pourquoi les verres de cetteforme sont utiles à ceux qu’on nomme presbites.
Le défaut des myopes est i’effet d’utie cause toute contraire.Si les humeurs de l’oeil sont trop réfringentes , la cornée ou lecristallin trop convexes , ou- la rétine trop éloignée , les rayonsse réuniront avant que de l’atteindre , et n’y peindront qu’uneimage confuse. On remédiera à ce défaut par un verre concavequi, faisant diverger ces rayons, retardera leur réuion, et rendral’image distincte.
L’explication de la manière dont se fait la vision n’est pas leseul mérite de l'ouvrage de Kepler; il nous présente divers autresobjets dignes d’être indiqués. Tels sont la solution du problèmed’Aristote sur la rondeur de la lumière du soleil passant par untrou d’une forme quelconque , et projettée à une certaine dis-tance ; la cause de la dilatation du diamètre apparent de la luneet de tous les corps lumineux placés sur un fond obscur , aussi-bien que de sa contraction dans les éclipses de soleil ; l’examendu principe jusque-là reçu sur le lieu de l’image dans les miroirssphériques, lieu que Ion plaçoit dans le concours de la per-pendiculaire d’incidence avec le rayon réfléchi. Kepler montrequ’on s’étoit trompé jusqu’alors , et que ce principe a besoin derestriction ; il conclut dans le même ouvrage àpriori (1) , l’ellip-ticité apparente du soleil voisin de l’horizon , découverte vul-gairement attribuée au P. Sclieiner. On y trouve encore diversesobservations curieuses d’astronomie-optique , comme sur la formede la lumière du soleil rompue par l’atmosphère de la terre , etprojettée au travers de son ombre, d'où naissent quelques phé-nomènes singuliers des éclipses que Kepler explique fort bien.Mais il fut moins heureux à d autres égards ; on le voit fairebien des efforts et se tourner de bien des manières pour décou-vrir la loi de la réfraction. II tente quantité de rapports ^ qu’ilcompare avec la table dressée par Vitellion , et celle des réfrac-tions astronomiques donnée par Tycho ; mais s’en tenant tou-jours à chercher ce rapport entre la réfraction elle-même , et lesinus ou la sécante de Pangle d’inclinaison , il manqua le véri-table ; et M. Flamsteed , qui lui fait honneur de la découvertede ce rapport (2), s’est assurément trompé. Kepler ne fut pas plusheureux dans la recherche d’un autre problème optique, savoir
(>) Pag- 131.
{2) Hist. celcstis proleg,F f 3 .