DIS MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 22Y
et occasum in mari b us altis quod plures vapores ab humido ijtaltum se attolLunt , quibus infractos radios velutin fistules quas-dam diffundi et majorem verâ quantitatem Jingere. Mais qu’ilme soit permis de le demander : où est là une indication du Téles-cope ? il faut avoir bien de la sagacité pour y trouver que cesespèces de tuyaux par lesquels, selon le raisonnement de Possi-donius , les rayons rompus par un air chargé de vapeurs sedilatent et présentent une apparence plus grande que la véri-table , sont nos lunettes d’approche. On doit voir tout simple-ment que ce philosophe imaginoit que les rayons de la lumièrefiltrés pour ainsi dire par les conduits d’un air humide en étoientdilatés, et grossissoient l’apparence de l’astre } c’est à peu prèslà ce que pensent ceux qui, sans aucune connoissance de phy-sique , attribuent aux vapeurs de l’horizon le grossissementapparent des astres dans son. voisinage ; mais en rendant justiceaux connoissances de ce savant, on est peiné de voir sur quellesfoi blés preuves il se fonde pour revendiquer à l’antiquité toutce que notre physique a de plus neuf. Qui croiroit, par exemple,qu’il prétend que la faculté reproductrice des polypes, décou-verte du milieu de ce siècle , étoit un jeu pour Aristote et pourSt.-Augustin (1). Ce P. de l’Eglise dit, dans son livre de quanti~tate animae, avoir vu plusieurs fois, avec étonnement et plaisir,un polype coupé en morceaux vivre et se mouvoir. Aristote parleaussi de vers et insectes longs à plusieurs pieds , qui ont celtepropriété. Voilà , selon M. Dutens , les fameux polypes de M.Tremblay ; ces insectes merveilleux , qui non-seulement viventétant coupés en morceaux , mais dont chaque morceau repro-duit son sembable ; ce que ne disent d’ailleurs ni Aristote hiSt.-Augustin. Mais peut-il être là question de ces animauxqu’on ne voit presque qu’à la loupe , et qui ne sont qu impro-prement appelés polypes , puisqu’ils n'ont tout au plus qu’unseul pied , et une multitude de bras ; n’est-il pas de la dernièreévidence que ces insectes d’Aristote et de St. - Augustin nesont que ces vers connus de tout le monde , sous le nom de Iuleet Scolopendre, et qu’on trouve fréquemment sous les pierresdans les lieux humides. U est en effet peu d’écoliers qui n’ayentfait l’expéiience dont ils parlent ; mais je m'abstiens de réflexionsultérieures sur cet objet ; car il me seroit facile de citer nombred’autres exemples de découvertes , attribuées à l’antiquité parM. Dutens , d’après d’aussi légers fondemens et sur l’appui depassages d’auteurs anciens , plutôt paraphrasés que traduits.
On a encore allégué , pour reculer au moins de quelque*
( i ) Recherches sur l’origine des &c. part. II. pag. 93 et suiv.découvertes attribuées aux modernes,