Band 
Tome second.
Seite
232
JPEG-Download
 

232 HISTOIRE

présenté à l'archiduc Albert, et que ce prince avoit donné àDrebbei ; il en fait ensuite une description qui ne permet pointde le prendre pour autre, chose qu'un Microscope composé. IIajoute que vers l’an 1610 , les deux lunetticrs ci-dessus imagi-nèrent les Télescopes , et qu'il s en présentèrent un au princeMaurice , qui désiroit le cacher pour s’en servir avantageuse-ment dans la guerre où les Provinces-Unies étoient alors enga-gées. Mais 1 in vention transpira , et sur le bruit qu’elle lit, uninconnu vint à Middelbonrg , et cherchant l’inventeur du Téles-cope , ii s’adressa à Jean Lapprey qu’il prit pour lui, à causedu voisinage de leurs maisons , et par ses questions il lui donnalieu d’en deviner la composition qu’il dévoila le premier , cequi l’en lit réputer l’inventeur. Cependant, ajoute M. Eoreel ,on reconnut peu de temps après la méprise ; car Adrianus-Metius et Drebbei, étant venus peu après àMiddelbourg, allèrentdirectement chez Zacharie Jans, de qui ils achetèrent des Téles-copes, &c. Sur ce fondement, fauteur du livre de vero Teles-copiì ìnventore , adjuge l’invention du Télescope à ZacharieJans ; la lettre de M. Boreel concilie effectivement assez bienla contradicrion des dépositions que noirs avons citées plus haut.Mais que dirons-nous du Microscope, croirons-neus contretoutes les idées reçues jusqu’ici , que sa naissance ait précédécelle du Télescope ? C’est cependant ce qu’il faut conclure dutémoignage de cet envoyé des Etats , qu’il ne me paroît paspossible de récuser , si ce n’est peut-être en objectant quelquedéfaut de mémoire. Je me borne à avoir rappelle ces laits quim’ont paru n’être guères connus , quoique mille auteurs ayenteu occasion de parler de l’invention du Télescope ; je laisse aulecteur à les peser et à se déterminer. Ce qui paroît en résultersans diíficulté, c’est que la ville de Middelbourg en Zélande estle lieu du berceau de cet admirable instrument, comme Melphicelui de la boussole , dont l’inventeur n’est pas plus précisémentconnu ; tel est Je sort de presque toutes les découvertes les plusutiles à l’humanité.

Quoi qu’il en soit de la découverte du Télescope , elle étoittrop brillante pour rester long-teinps renfermée dans une con-trée de l’Europe ; elle ne tarda pas à se répandre de toutes parts,et l’on sent aisément que les sa van s et les astronomes ne furentpas les derniers à s’y intéresser. Mais parmi ceux pour qui cetinstrument ne fut pas un vain sujet de curiosité , Galilée méritele premier rang ; il étoit à Venise lorsque le bruit de Ja décou-verte dont nous parlons s’y répandit. Incertain de ce qu’il devoitcroire , il en attendit la confirmation que lui apportèrent enfindes lettres écrites de Paris. Alors assuré des merveilles que larenommée débitoit du nouvel instrument, il se mit, dit il, à

examiner

t