DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 2Z1» ayant à cette occasion des verres de différentes formes , s’avisa» de regarder au travers de deux , dont i’un étoit convexe ,35 l’autre concave ; et il les appliqua si heureusement au bout-- d’un tuyau , que la première des lunettes dont nous parlons» en fut composée. »
Quelques auteurs peu contens de cette origine du Télescope,ont cherché., ce semble , à la rendre encore plus humiliantepour les sciences et pour l'esprit humain. Les enl'ans d’un lunet-tier de Middelbourg , disent ils , se jouant dans la boutique deleur père , s’avisèrent de regarder le coq de leur clocher avecdeux verres, l’un convexe , l'autre concave ; et par hasard cesdeux verres se trouvant à la distance convenable , ils le virentfort grossi et fort rapproché. Ils firent part de leur surprise àleur père qui, pour rendre Inexpérience plus commode , disposaces verres d’une manière stable sur une planchette ; bientôt unautre les adapta aux extrémités d'un tuyau , qui écartant lalumière latérale , fit paroitre les objets pins distinctement. Untroisième rendit les tuyaux mobiles et rentrans Tun dans l’autre ;ainsi piit naissance le Télescope qui, tourné peu après vers leciel , y fit a>,percevoir les phénomènes les plus étonnans , queles artistes et les sa vans s’ernpressòrent de perfectionner, et «p,'ona enfin porté aujourd’hui à un point de perfection surprenant.
Un auteur du milieu du siècle passé , Pierre Borel (j ) , a fait desefforts pour retrouver les traces de cette invention , et la reven-diquer a ses véritables auteurs : il rapporte cinq témoignages juri-diques, et une lettre de M. Guillaume Boreel , envoyé des étatsd’Hollande , qui jettent quelque lumière sur ce sujet. De ces cinqtémoignages , il y en a deux qui font honneur du Télescope àun certain Zacharie Jans , lunettier de Middelbourg ; ils diffèrentà la vérité dans les dates ; le premier , qui est celui du fils deZacharie, en fait remonter l’époque jusqu’en i 5 qo , et celui dela sœur ne la recule que jusques vers 1610. Mais les trois autresne disent mot de Zacharie , et adjugent l'invention dont il s’agità un certain Jean Ltpprey , lunettier de la même ville.
La lettre de Boreel contient divers faits singuliers et dignesde trouver place ici ; cet envoyé des Etats raconte qu’il a connuparticulièrement ce Zacharie Jans , dont nous avons parlé plushaut, ayant, comme son compatriote et son voisin , joué sou-vent avec lui dans son enfance, et ayant été fréquemment dansla boutique de son père ; qu’il a ouï dire plusieurs fois qu’ilsétaient les inventeurs du Microscope ; qu'étau t en Angleterreen 16n) , il avojt vu entre les mains de Corneille Drebbel sonAmi, le Microscope même que Zacharie et son père avoient
(1) De vero Tulescopìi inventore, &c. Hagac-Com. 1 655 , m- 4 °*