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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. a53<1 avis. Fermât resta persuadé que l’explication de Descartesétoit vicieuse , et celui-ci, que son adversaire étoit dans le casd’un homme qui refuse d’ouvrir les yeux à la lumière.

Ainsi fut terminée , ou plutôt suspendue , la première dis-cussion qu’excita l’explication Cartésienne de la réfraction ; jedis suspendue , car elle fut reprise environ vingt ans après ,entre le même M. de Fermât et quelques partisans de la doctrinede notre philosophe. M. Clerselier , célèbre Cartésien , lui ayantécrit au sujet de quelques-unes de ses anciennes lettres con-cernant sa contestation sur la réfraction , Fermât saisit cetteoccasion de remettre dans un nouveau jour les diífìcnltés quil’avoient toujours aliéné de l’explication de Descartes. 11 y ajou-toit celle- ci, savoir , qu’on ne peut point dire que le mouvementdans le sens parallèle au plan réfringent soit inaltérable. Laréponse de M. Clerselier est conforme au sens de son maître,en ce qu,'il maintient que le retardement ou l’accéléralion dumobile doit se prendre dans la direction totale ; mais je n’ytrouve rien qui satisfasse à l’égard de la nouvelle objection.Bientôt après Fermât se jetta dans d’autres discussions, où ileut tantôt tort , tantôt raison, et la dispute se réduisit eniin àune vraie dispute de mots ; Fermât demeura plus persuadé quejamais de l’insufíisance de la démonstration Cartésienne , etpour terminer la contestation , il convint qu’il ne l’entendoitpas , puisque cette démonstration qui convainquoit ses adver-saires , nè portoit aucune lumière dans son esprit.

Cependant il apprenois de divers côtés que la loi de la réfrac-tion proposée par Descartes étoit vraie ; un physicien de cetemps, nommé M. Petit, homme de beaucoup de mérite, l’avoittrouvé conforme à l’expérience. Cela engagea eniin Fermât àfaire usage d’un principe qu’il avoit communiqué depuis long-lemps à M. de la Chambre , et qui lui paroissoit propre à déter-miner le chemin que la lumière doit prendre en se rompant.Ce principe est semblable à celui que les anciens a voient ima-giné pour démontrer l’égalité des angles d’incidence et deréflection ; ils avoient supposé que la lumière , tant qu’elle restedans un même milieu , prend le chemin le plus court. Fermâtconcevant cette loi de la nature d’une manière plus générale,l’étend au cas de deux milieux différens en densité. Il supposeque la lumière va toujourg.d’un point à l'autre dans le moindretemps , ce qui donne le chemin le plus court , lorsqu’elle restedans le même milieu ; mais si on suppose qu’elle passe d’unmilieu dans un autre , elle va, suivant M. de Fermât, plus vîtedans le moins dense , et elle tempère tellement son chemin ,que parcourant moins d’espace dans le plus dense , le tempstotal est moindre que dans tout autre chemin qu’clle suroît