Band 
Tome second.
Seite
256
JPEG-Download
 

256 HISTOIRE

mouvement est plus retardé. Lorsqu’eníin tous les deux serontplongés dans le second milieu , alors le mouvement circulairecessera , et cette particule de lumière continuera de se mouvoirparallèlement à elle-même ; or il est aisé de voir que dans lecas où le second milieu sera le plus dense , la réfraction se feravers la perpendiculaire , Tare ab étant moindrç que A B ; et quece seroit le contraire , si le second milieu étoit le plus rare.Mais , s joute-1 on , rien de plus naturel que de mesurer lerapport des facilités des deux milieux par celui des arcs AB , ab jcar ce sont ces arcs qui mesurent les chemins respectifs que par-courent les mobiles A et a en même temps dans ces deux mi-lieux. Ainsi quelque inclinaison qu’on suppose au rayon , cèmême rapport subsistant, on démontre facilement que le sinusdes angles d inclinaison et rompu , sont en raison constante. Lapremière idée de cette explication est due , si je ne me trompe ,au P. Maignan ; Hobbes i’a suivie dans un écrit que le P. Mer-senne nous a transmis (1). M. Barrow l’a aussi adoptée dansses Leçons optiques , et c’est son exposition que nous avonssuivie ; mais malgré le suffrage de ce géomètre célèbre , nousne craindrons point de dire que cette explication est peu heu-reuse. Outre le peu de solidité de la première supposition surlaquelle elle est fondée, rien de moins prouvé que celle qu’onemploie dans le cours du raisonnement.' M. Rixzetti a fait (2)des efforts pour donner à cette explication quelque probabilité,et pour démontrer ces suppositions ; mais c’est, à mon avis ,avec peu de succès. Rien n’est moins une démonstration que leraisonnement auquel il donne ce titre.

. Quelques autres physiciens , à la tête desquels est M. DavidGrégori ( 3 ) , ont pris une voie différente ; ils imaginent que lalumière passant d un milieu dans un autre , s’y dilate ou s’yresserre latéralement, à proportion qu’elle y coule plus oumoins à son aise. Ils supposent ensuite dans cette dilatation oucette contraction, un certain rapport d’où ils tirent la loi connuede la réfraction. Cette explication est aussi peu satisfaisante quela précédente ; car ce rapport qu’ils établissent , renferme lui-même ce qui est en question. C’est là le défaut de diverses autrestentatives d’explications , comme celle d’Hçrigone , qui sup-pose qu’un rayon de lumière pèse sur la surface réfringente ,et tend à la pénétrer , comme seroit un poids qui tendroit àrouler sur un plan semblablement incliné. Je ne dis rien d’uneprétendue démonstration donnée par un mathématicien anglois,nommé Gualter Werner, dont le P. Mersenne nous rapporte

(1) Syn. univ. Math. ( 3 ) Catoptr. ac Diopt. Elem.

(?) Act. Lips. ann, 1726.

l’écrit