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Tome second.
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292 HISTOIRE

Bologne pour convaincre ses professeurs par leurs propres yeux,mais yu’il n’avoit rien pu leur faire voir , ni à lui ; qu’il avoiteu son télescope à sa disposition des nuits entières , qu’il lesavoit passées à observer divers objets , et qu’il s’étoit assuréqu’il les représentoit infidellement , qu’il doubloit les étoiles;enfin, que ce que l’on voyoit par son moyen étoit pure illusion.II finissoit par dire que Galilée tout honteux s’étoit enfui unbeau matin de Bologne sans prendre congé , quoique Magin luieût préparé un grand dîner. Ces calomnies impudentes avoientconduit Kepler à douter , et l’écrit d’Horky où étoient insérésquelques lambeaux de ses lettres, faillit le compromettre avecGalilée ; mais il ne tarda pas à reconnoître que son protégéétoit un petit coquin. Il lui écrivit une lettre foudroyante, dontil envoya copie à Galilée pour en faire l’usage qu'il voudroit ;cependant quelque temps après, il l’engagea à mépriser une sivile attaque. Ho>ki étant à son retour allé voir Kepler, celui-cile traita comme il Je meritoit, et lira de lui l’aven qu il avoit étégagné par les professeurs de Bologne pour publier contre Galiléece petit libelle ( i ).

Cet écrit de Horky ne resta cependant pas long-temps sansréponse ; Galilée trouva un défenseur dans un anglois ou alle-mand , probablement un de ses disciples , nommé PVoodebern ,qui réfuta les quatre difficultés proposées par Horky , sous laforme de problèmes , contre la possibilité des quatre nouvellesplanètes ou satellites de Jupiter (a). Quant à Horky, il mourutsans doute de honte , lorsqu'il vit les découvertes de Galiléeadoptées comme par acclamation par toute l’europe.

Mais cette espèce de persécution ne peut être regardée quecomme une petite tracasserie philosophique , en comparaisonde celle qu’essuya bientôt après notre _ ' " sòphe. Ce fut eni6i 5 qu’elle commença , à l’occasion suivante.

Un religieux carme, nommé ie P. Foscarini, homme judicieux,et dont les écrits de Galilée avoient fait un Copernicien , en futla cause innocente; il avoit fait paraître en j6i 5 une lettre ,adressée à son général le P. Fantoni , où il exarnirioit la manièredont on devoit entendre les passages de récriture qui paraissentcontraires à Copernic , et sans s’écarter en aucune manière durespect dû aux livres saints , il avoit proposé une voie de con-ciliation sage et ingénieuse. íl y avoit aussi quelque temps qn’unthéologien espagnol ( ÌJidace à Stunica) , dans un Commentairesur Job , avoit embrassé le système de Copernic , et avoit dit

(j) J Keplcri epistolac , &c. pag.49o et s'iv.

(3) Quatuor ptoblematurn à Id,

Horky contra rtovos pìanetas propo-sitorum confutatio , &c. Fat. 1610 ,ìn- 4 0 .