DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. syZ
que , dans les matières de discussion philosophique , Tesprit-saint s’étoit énoncé conformément au Tangage et à l’opinionvulgaire des hommes ; c’étoit la doctrine qu'a voient enseignéeavant lui plusieurs savans docteurs et commentateurs de récri-ture , respectes dans les écoles. Mais ces autorités ne le purentpréserver , non plus que le P. Foscarini, de la censure. Leursouvrages déférés à la congrégation des cardinaux préposés àveiller sur les livres nouveaux , y furent condamnés ; et celuide Copernic qui y avoit donné lieu, fut enveloppé dans la con-damnation. il fut ordonné que dans les nouvelles éditions quis’en feroient, on retrancheroit ou changeroit les endroits où ildonne son système comme une réalité , et snrtont ces deux cha-pitres où il parle avec une sorte de mépris de ceux qui pour-roient penser qu’on doit prendre ò. Ja lettre les endroits con-traires de récriture , et où il discute les raisons d’Aristote pourle repos de Ja terre. L’opinion enfin qui met le soleil immobileau centre de l’univers , fut déclarée formellement hérétique,fausse et absurde en philosophie , et celle qui plaçant la terreen ce centre lui donne une rotation sur son axe , fut seulementqualifiée d’erronée dans la foi et dangereuse. T avoue ne pastrop voir les raisons de cette distinction ; car la supposition dela terre mobile seulement sur son axe , et sans autre d, place-ment , contrarie autant le passage de récriture concernant Jusuéque celle qui Ja fait mouvoir autour du soleil.
Galilee avoit trop de réputation et ses découvertes avoienttrop setvi à accréditer le système de Copernic , pour qu'il pûtéchapper ai.x censures de l'inquisition. Un n eut pas plutôtdéféré à ce tribunal Ja nouvelle hérésie du mouvement de laterre , qne ce grand homme fut cité comme ct lui qui cou tri-buoit k plus à l’étendre ; ce fut vers ia fin de isiiá. 11 ne jugeapas à propos de s’exposer à une longue prison ou à quelque chosede pis , par. un attachement trop opiniâtre à son sentiment yil ie désavoua sans contrainte , et on le t envoya au commen-cement de 1616.
Quoique l’italie fût alors un des pays où l’autorité met le plusd’tntraves à la raison , Copernic et Galilée y eurent néanmoinsun apologiste. Ce fut le ?. Campauella , dominicain , et Cala-brois de naissance , deux qualités qui, quoiqu’elies le rendissentplus justiciable de l’inquisition , ne l’einpèchèient pas de récla-mer les droits de la philosophie. Son h vie , qui a k nième objetque celui du P. Foscarini, parut en i6í 6 ; mais il faut l’avouer,Campauella s’étoit distingué par des écrits sur des matières mé-taphysiques et religieuses , qui ne donnent pas un grand poidsà son suffrage.
Cependant Galilée méditoit une vengeance qu’il exécuta plu-