Sao HISTOIRE
et en différentes parties du monde ; ce n’est pas ici le lieu d’enparler. Ces opérations célèbres exigent un article à part, quel’on trouvera dans ia suite de cet ouvrage.
I X.
II est peu d’observations plus rares que celles dont nous avonsK parler dans cet article. L’une, savoir celle du passage deMercure sous le soleil, ne peut avoir lieu qu'un petit nombrede fois dans un siècle. Depuis Tannée 1601 , que fut faite lapremière observation de cette espèce, on n’a pu la réitérerque quinze fois. Mais celle du passage de Vénus sous le soleil estbien plus rare. Un siècle est un espace trop court pour la voirrépéter, et depuis Tannée 16'á^, qu’on la fit pour la premièrefois, les astronomes n’avoient point eu le plaisir de la réitérerjusqu’en 1761. Donnons d’abord une idée de Tutilité de cessortes de passages, en commençant par ceux de Mercure.
Les observations de Mercure sont si rares , et se font dansdes endroits si désavantageux , que tant qu’on n’a eu que lamanière ordinaire de Tobserver, on ne pouvoit avoir trop dedéliance sur la justesse de la théorie de cette planète. Mais sonpassage sous le soleil offre ie moyen île déterminer avec beau-coup d’exactitude deux des élémens principaux de cette théorie,savoir la position des nœuds et Tinclinaison de l’orbite à Téclip-tique. En effet, il est visible que Mercure ne peut passer sousle disque du soleil, qu’aux environs de ces nœuds. Mais tandisqu’il passera sous ce disque, et qu’il paroitra le traverser sousla forme d’une tache noire, on pourra avoir à chaque instant,et sur-tout à son entrée et à sa sortie, sa position à l’égardde Técliptique, c’est-à-dire, sa longitude et sa latitude. Or ceschoses étant données , rien n'es t plus facile que de déterminersur Técliptique le point où sa route prolongée la rencontre ,et l’angle qu’elles forment entr’elles. On aura donc le nœudvoisin du lieu de Tobservation, et l’angle de Técliptique avecT orbite de la planète.
L’importance de Tobservation qu’on vient de décrire , avoitengagé Kepler dès le commencement du siècle , à guetter ,pour ainsi dire , Mercure sous le soleil , et il avoit cru l’yappercevoir le 26 mai de Tannée 1607 (1). Ayant reçu ce jour-làTimage du soleil dans la chambre obscure, il y avoit vu unetache noire qu’il avoit prise pour Mercure, conformément auçalcul qu’il avoit fait d’après une fausse position des nœuds.
(i) Mercurius in sole , fisc. L/f s. 1609, *77,-4°.
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